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"NAVIGARE NECESSE EST"

Une mine d'or sur l'âge d'or...

Pour commencer un lien vers un site très intéressant:
http://www.musagora.education.fr/agedor/agedorfr/peinture.htm


Antiquité:
La maison de Livie à Rome : détail .

 "Illis munus erat decussa Cydonia ramo, et portare variam plumae versicoloris avem"

"Pour eux, un présent, c'était un coing tombé d'une branche secouée, et offrir un oiseau bigarré au plumage chatoyant"...

Properce, Elégies, III, 13.

Renaissance : Lucas Cranach (1472-1553) The golden Age.

  "Nec fuerat nudas poena videre deas"

"Ce n'était pas alors un crime que d'apercevoir des déesses nues"...

Properce , Elégies, III, 13.


Période classique : Abraham Bloemaert, L'Âge d'Or, 1608.


  "Mollia securae peragebant otia gentes"

Les paisibles nations vivaient un doux loisir"...( Olivier Sers).

Ovide, Les Métamorphoses, I, vers 100.





Joachim Wtewael (1566-1638)


 "Contentique cibis nullo cogente creatis, arbuteos fetus montanaque fraga legebant".

On vivait de cueillette offerte librement,
Du fruit de l'arbousier, de fraises des montagnes"...(
trad. Olivier Sers.)

Ovide, les Métamorphoses, I vers 103-4.

Charles Le Brun, L'Âge d'argent.


 

"Quand Saturne eut été jeté au noir Tartare,
 Meilleur, sans valoir l'or, que le rougeâtre bronze,
 Survint l'âge d'argent où Jupiter régna,
 Il abrégea l'ancien printemps. L'hiver, l'été,
L'automne irrégulier joints au court printemps neuf,
 Firent quatre saisons à l'année qu'il régla."

Ovide, Les Métamorphoses, traduction d'Olivier Sers ( 2009).



XX° : Représentations modernes .

Matisse.(1869-1954) Bonheur de vivre.

 "His tum blanditiis furtiva per antra puellae oscula silvicolis empta dedere viris."

"Alors dans les grottes reculées, les jeunes filles ont accordé aux hommes des bois, des baisers que méritaient ces douces offrandes"...

Properce, Elégies III,13.


Paul Signac, L'Âge d'Or.


 "Ante Jovem nulli subigebant arva coloni (...) ipsaque tellus omnia liberius nullo poscente ferebat."

"Avant Jupiter aucun paysan ne labourait les champs...et la terre, sans qu'on le lui demande, produisait tout plus généreusement qu'aujourd'hui".

 Virgile, Géorgiques, I, 125-128.

 

 

 

 

 

Une mine d'or sur...L'ÂGE D'OR DANS LA LITTERATURE LATINE

   On peut se demander si l'idée d'un âge d'or de l'abondance et de la facilité n'est pas étranger aux Latins : leur attachement aux valeurs fondamentales de la pietas, de la vie simple et de la loi intériorisée - les Latins ont vécu près de dix siècles avec un corpus juridique réduit à la loi des XII tables - fait que le mythe de l'âge d'or ne coïncide pas tout à fait avec la représentation qu'ils se font du passé primitif de l'Italie.
   Il faut attendre les guerres civiles pour voir apparaître le mythe en tant que tel.

La période archaïque :

Rome n'étant poussée à naviguer que par les contraintes de l'histoire au début des guerres puniques, les premiers écrivains latins ne semblent emprunter au mythe grec que la trangression consistant à fendre la mer d'un éperon de navire, par exemple dans la Médée d'Ennius .

La fin de la République:


Au dernier siècle de la République, au seuil des guerres civiles,
Lucrèce présente l'origine de l'humanité non comme une période de plénitude et d'abondance, encore moins sous l'aspect d'une proximité avec les dieux, mais comme un état de simplicité primitive en lutte avec les éléments.

Catulle
ne reprend pas le modèle hésiodique de l'âge d'or, mais combine des fragments de mythe homérique (le mariage de Thétis et de Pélée), le motif de la nef Argo, et la métamorphose du présent par l'amour telle qu'on la trouvait chez Théocrite. Il y a chez lui la proximité hommes / dieux, l'idée de décadence et la necessité d'un retour à la pietas pour retrouver l'état originel.


La période augustéenne :


Chez les poètes élégiaques de la période augustéenne, chez
Tibulle par exemple, le thème du fer opposé à l'or est lié à la séparation d'avec l'aimé, séparation due à la guerre extérieure ou aux querelles amoureuses : il invoque la paix de l'âge d'or comme la possibilité de retrouver Délie après le renoncement aux folies de la conquête maritime ; dans cet âge d'or, se mêlent une nostalgie de la sagesse rustique et le rêve d'une tendresse retrouvée qui mettrait un terme à la violence entre amants.

Ce n'est cependant pas un thème obligé de l'élégie amoureuse : Properce évite, semble-t-il, tout ce qui est extérieur à l'amour et le relierait à un temps physique du monde : l'
élégie V du livre III, "Pacis Amor deus est", dans laquelle il rejette toute question cosmologique pour le temps de la vieillesse est peut-être une piste : l'Amour est un monde suffisant qui produit ses propres lois, et ses propres références temporelles de bonheur et de douleur. La seule allusion théocritéenne à l'âge d'or produit par l'amour se trouve dans l'élégie II, VX : Qualem si cuncti cuperent decurrere uitam / et pressi multo membra iacere mero, / non ferrum crudele neque esset bellica nauis. "Si les hommes n'avaient d'autre désir que de couler ainsi leur vie, et rester étendus, alanguis par la force du vin, il n'y aurait ni fer meutrier, ni bateau de guerre." (trad. P. Charvet). Mais ce n'est peut-être là qu'une opposition entre Dionysos et la race des Spartoi - dont est issu Penthée - telle qu'on la trouve dans les Bacchantes.

Horace
insiste pour sa part plus nettement sur le caractère impie de la conquête des mers qu'il présente comme un refus d'accepter la volonté des dieux. Seule la pietas peut garantir un séjour dans les "îles fortunées", décrites dans les termes de l'âge d'or, mais c'est une terre promise hors du temps et de l'espace, non l'étape d'une histoire de l'humanité.

L''idée d'un temps cyclique est acquise dans la pensée romaine à travers le succès du stoïcisme et l'assimilation de l'astrologie alexandrine, puisqu'on connaît, même si on ne les a pas conservées toutes, trois traductions au moins des Phénomènes d'Aratos : celle de Cicéron précède celle d'Ovide et du
pseudo-Germanicus, dans ses Aratea (fl.+16-19), cette dernière étant la seule que l'on ait gardée.

C'est donc sous l'aspect du retour, déjà présent chez Catulle, que le mythe de l'âge d'or va se manifester à Rome, lié à la fin des guerres civiles et à l'espoir de paix que représente Auguste. Virgile fait ainsi coïncider l'âge d'or à la fois avec le passé agricole du Latium (règne de Saturne et du roi Évandre, le nom même de Saturne étant lié aux semailles et à une forme de sage satiété) et avec des lendemains qui sont censés chanter.

Ce n'est qu'avec
Ovide que réapparaît vraiment en entier le motif hésiodique : au livre I des Métamorphoses, il met en scène, de manière isolée et sans se faire l'annonciateur d'un quelconque retour, un récit des âges - et non des races - de l'humanité (aetates) qui sera une source d'inspiration privilégiée pour les poètes, les graveurs et les peintres jusqu'au XVIIIe siècle.

La postérité du mythe

sous le Haut-Empire

A l'âge néronien, l'hybris de la construction du navire Argo réapparaît dans la
Médée de Sénèque ; de même qu'est devenu un topos l'annonce que le nouveau souverain, en l'occurrence le fils d'Agrippine, fera de son règne un nouvel âge d'or : cela occupe une grande partie de la première Bucolique de Calpurnius Siculus.

Au siècle suivant, sous Marc-Aurèle, l'orateur Fronton fait un éloge paradoxal de l'âge d'or dans son Éloge de la négligence.
 

dans l'Antiquité tardive et la littérature néo-latine

Le topos de l'âge d'or est repris périodiquement par les poètes de l'antiquité tardive, comme Boèce, ou dans la poésie néo-latine de la Renaissance, comme Navagero, qui reprend le discours des Parques de Catulle. Nous sommes redevables au GELAHN et à l'excellent dossier de F. Grégoire sur l'âge d'or pour ces deux références qui ne donnent sans doute qu'une faible idée des textes que l'on peut encore découvrir sur ce thème.
           

Cliquez sur les liens soulignés pour de belles découvertes !


Document issu de Musagora.

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