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"NAVIGARE NECESSE EST"

Séq. "L'Âge d'Or" : Ovide, Virgile et Properce.



Allez aussi sur ce lien pour compléter le travail sur les textes .

1-OVIDE, in Les Métamorphoses, Livre I, vers 89-112

AUREA SATA EST


 Juxtalinéaire et Anastrophe ( passages numérotés)

Aurea prima sata est aetas

 

QUAE vindice nullo,

 

sponte sua, sine lege

 

fidem /  rectumque colebat.

 

Poena metusQUE aberant,

 

NEC verba minantia fixo aera legebantur,

 

NEC supplex turba timebat judicis ora sui ;

 

SED  erant sine vindice tuti.

 

        1             2       3           3             5                 2          4                5

NONDUM caesa suis montibus in liquidas pinus descenderat undas,

 

       8              6        7        8

Peregrinum UT viseret orbem,

 

nullaQUE mortales praeter sua litora norant,

 

NONDUM praecipites cingebant oppida fossae ;

 

NON tuba directi,

 

NON aeris cornua flexi,

 

NON galeae, NON ensis erat,

 

Sine militis usu

 

mollia securae peragebant otia gentes.

 

Ipsa QUOQUE immunis tellus

 

rastroQUE intacta

 

NEC ullis saucia vomeribus

 

per se dabat omnia;

 

contentiQUE cibis nullo cogente creatis

 

arbuteos fetus

 

montanaque fraga legebant,

 

cornaque

 

et  in duris haerentia mora rubetis

 

ET QUAE deciderant patula Jovis arbore glandes.

 

Ver erat aeternum

 

placidiQUE tepentibus auris zephyri

 

mulcebant natos sine semine flores.

 

Mox ETIAM fruges tellus inarata ferebat

 

NEC renovatus ager / gravidis canebat aristis;

 

Flumina JAM lactis,

 

JAM flumina nectaris ibant

 

flavaQUE de viridi stillabant ilice mella.


2- Properce in Elégies III.


 

C’était le bon temps : Properce, Elégies, III, 13.

Texte 2 :  Âge d’Or, page 140.

Quaeritis,

 

unde avidis nox sit pretiosa puellis

 

et Venere exhaustae damna querantur opes.

 

Certa quidem tantis causa et manifesta ruinis :

 

luxuriae nimium libera facta viast ( via est) .

 

Felix quondam

 

agrestum pacata juventus,

 

divitiae quorum

 

messis et arbor erant !

 

illis munus erat

 

decussa Cydonia ramo

 

et dare puniceis plena canistra rubis,

 

nunc violas tondere manu,

 

nunc referre lilia …lucida,

 

mixta …virgineos per calathos,

 

et portare suis vestitas frondibus uvas

 

aut variam plumae versicoloris avem.

 

Tum furtiva per antra,

 

puellae... silvicolis dedere ( dederunt) viris

 

oscula empta his blanditiis.

 

Hinnulei pellis totos operibat amantes,

 

altaque nativo creverat herba toro

 

pinus et incumbens

 

lentas circumdabat umbras ;

 

nec fuerat poena

 

nudas videre deas.

 

At nunc

 

desertis lucis,

 

cessant sacraria :

 

victa jam pietate,

 

aurum omnes …colunt ;

 

auro pulsa fides,

 

auro venalia jura,

 

aurum lex sequitur,

 

mox sine lege pudor.( FIN)

Traduction de la totalité de l'élégie:

SUR L'AVARICE DES FEMMES.

Vous demandez pourquoi la beauté avide nous vend si cher une seule nuit, et pourquoi l'on accuse l'Amour d'avoir épuisé tant de patrimoines ? Il n'est que trop facile, hélas ! d'assigner la cause de ces ruines : un luxe que rien n'arrête envahit Rome de toutes parts. C'est pour nous que l'Inde arrache l'or à ses mines profondes, que la nier Rouge abandonne ses coquillages précieux, que Tyr, patrie de Cadmus, envoie sa pourpre et ses riches couleurs, que le berger d'Arabie cultive ses herbes odorantes. Voilà les armes qui triomphent de la chasteté la plus sévère : elles abattraient la fierté de Pénélope elle-même. Vois s'avancer majestueusement cette femme, chargée du patrimoine de mille amants ; elle étale devant nos yeux et leurs dépouilles et sa honte. On demande sans pudeur, on prodigue sans bornes, ou des rigueurs calculées font payer bientôt le plus léger refus.

Qu'elle est salutaire à l'hymen, cette loi des nations lointaines que l'Aurore, à son lever, colore de ses rayons de pourpre ! Quand on approche du lit de mort la torche funéraire, de tendres épouses environnent, les cheveux épars, les restes d'un époux, et se disputent le funeste honneur d'abandonner la vie pour le suivre. Celle dont on refuse les jours se retire la honte sur le front ; sa rivale, plus heureuse ; s'élance triomphante au milieu du bûcher, et va donner, malgré la flamme, un dernier baiser à des restes chéris. Mais, à Rome, on ne trouve plus de constance ni dans l'épouse ni dans l'amante ; on ne sait plus aimer comme Pénélope, ni demeurer fidèle comme Evadné.

Oh ! qu'elle fut heureuse autrefois la paisible jeunesse de nos campagnes ! Ses moissons et ses vergers faisaient toutes ses richesses ; son luxe était un fruit détaché de l'arbre, une corbeille chargée de mûres sauvages, un bouquet de violettes fraîchement cueillies, des lis dont la blancheur ornait le panier de la vierge modeste, des raisins dont les grappes se cachaient encore sous les feuilles, un oiseau dont le plumage varié se nuançait de mille couleurs. Voilà par quels présents ces hommes de l'âge d'or achetaient les baisers furtifs que leur donnait au fond d'un antre la naïve bergère. La dépouille du chevreau couvrait leurs amours, ou bien c'était l'herbe touffue qui formait naturellement leur couche, ou le pin qui se penchait sur eux en les enveloppant de son ombre. Alors ce ne fut point un crime de voir une déesse sans voile. Le taureau guidait seul les troupeaux au pâturage, et les ramenait ensuite au bercail. Les divinités paisibles, qui veillent sur les campagnes, venaient converser avec bonté au foyer du laboureur. « Qui que tu sois, disait Pan, chasse librement le lièvre timide, ou l'oiseau que tu poursuis sur mes domaines. Appelle-moi à ton aide du haut de la colline, que tu lances sur ta proie la flèche agile ou le chien léger. »

Mais aujourd'hui l'on abandonne à la fois les bois sacrés et leurs autels. La piété est vaincue de toutes parts ; l'or est le seul dieu qu'on révère. C'est l'or, en effet, qui chasse la bonne foi, qui rend vénale jusqu'à l'équité, qui fait plier la loi même, et qui ôte tout frein à la pudeur. C'est l'or que voulait Brennus, quand sa fureur sacrilège bravait le sanctuaire de Delphes et l'éternelle jeunesse d'Apollon : mais les cimes du Parnasse s'ébranlèrent ; une neige épaisse couvrit les bataillons gaulois, et la foudre, qui aveugla Brennus, signala de justes vengeances. Infortuné Polydore ! les richesses que reçoit Polymnestor lui font violer par un crime les droits de l'hospitalité ; et toi, cruelle Ériphyle, si tu n'avais pas désiré des bracelets d'or, Amphiaraüs n'eût pas disparu soudain avec ses coursiers rapides.

Le dirai-je ? et que le ciel, ô ma patrie, détourne ce funeste présage ! Rome succombe sous les richesses, qui font son orgueil. Mes paroles ne sont que trop vraies ; mais l'on refuse d'y croire, comme on révoquait en doute les maux affreux que Cassandre annonçait à Pergame. Elle seule répétait que Pâris causait la ruine de la Phrygie, que le présent fatal des Grecs couvait un piège dans ses flancs. Sa voix prophétique eût pu sauver Priam et son empire ; mais on reconnut trop tard que l'on avait dédaigné en elle l'interprète des dieux.

 

 

 


  3- Virgile, Géorgiques, I, 125 sqq.


  ANTE JOVEM

 

nulli subigebant arva coloni ;

 

ne quidem fas erat

 

signare

 

aut partiri limite campum :

 

in medium quaerebant ;

 

ipsaque tellus

 

omnia liberius ferebat,

 

nullo poscente.

 

ILLE

 

 malum virus addidit

 

serpentibus  atris,

 

praedarique lupos jussit

 

pontumque moveri,

 

mellaque decussit foliis

 

ignemque removit

 

et repressit

 

passim rivis currentia vina

 

ut extunderet paulatim

 

varias artes

 

usus meditando,

 

et quaereret sulcis

 

herbam frumenti

 

et excuderet abstrusum ignem

 

silicis venis.

 

TUNC primum fluvii sensere

 

alnos cavatas ;

 

navita TUM

 

stellis numeros et nomina fecit

 

Pleiadas, Hyadas, claramque Lycaonis Arcton.

 

TUM inventum ( est)

 

laqueis  captare feras

 

et fallere visco

 

et magnos canibus circumdare saltus ;

 

ATQUE alius funda jam verberat

 

latum amnem, alta petens,

 

pelagoQUE alius trahit

 

umida lina.

 

TUM ferri rigor

 

atque argutae lammina serrae ( venere)

 

_ NAM primi cuneis scindebant

 

fissile lignum ;_

 

TUM variae venere artes.

 

Labor improbus

 

omnia vicit,

 

et duris in rebus

 

urgens egestas. (fin)

 

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