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"NAVIGARE NECESSE EST"

Magie et sorcellerie à Rome

 

Groupement de textes latins / secondes.

Dossier 1 : Apulée, l'Âne d'or .

Texte 1 : la sorcière Méroé, une "saga" terrifiante.

Texte 2 : la magicienne Pamphilè.

Texte 3 : La métamorphose de Lucius en âne.

 

Document : Harrius Potter, Camera secretorum.

 

HARRIUS POTTER ET CAMERA SECRETORUM

J.K. Rowling, Trad. Peter Neeedham, éd. Bloomsbury pp. 7-8

 

Chap. 1, Dies natalis pessimus.

 

 

Harry vient de passer ses vacances d'été loin de sa chère école de Poudlard, dans son horrible famille (oncle Vernon, tante Petunia, et l'épouvantable cousin obèse Dudley), où il est à la fois interdit de magie et traité haud aliter quam can(is) qui in re male olenti se inuoluerat (pas autrement qu'un chien qui aurait traîné dans un lieu malodorant). Il n'a reçu aucune nouvelle de ses amis Hermione et Ron.

 

Harrius per ianuam posticam abiit. Caelum erat splendidissimum, luce solis plenum. Pratum transiit, in scamnum hortensium delapsus est, submissim cecinit : "Felix natalis mihi, felix natalis mihi…"

Chartae nullae, dona nulla (…) Nunquam se tam solum senserat. (…)

Harrius subito se in scamno hortensio erexit. In saepem animo absento spectauerat – et saepes respiciebat. Inter frondes apparuerant duo oculi uirides et immanes.

Harrius saliens surrexit tum ipsum cum uox irridens trans pratum fluitauit.

-          Scio qui sit dies, cecinit Dudley, ad eum anatis modo incedens.

Oculi ingentes nictum fecerunt et euanuerunt.

-          Quid ? inquit Harrius. (…)

-          Scio qui sit dies, iterauit Dudley, proxime ei appropinquans.

-          Gratulor tibi, inquit Harrius. Itaque tandem nomina dierum didicisti.

-          Hodie est dies natalis tuus, inquit Dudley per ludibrium. Cur chartas nullas habes ? An amicos nullos etiam in loco illo monstruoso habes ?

-          Melius sit si non permittas matri audire te loquentem de schola mea, inquit Harrius imperturbatus.

Dudley sursum traxit bracas, quae de natibus crassis delabebantur.

-          Cur in saepem spectas ? inquit suspiciosus.

-          Cogito quo incatamento eam facillime incendam, inquit Harrius.

Dudley statim retro titubauit, pauorem uulto obeso praeferens.

-          Non p-p-potes … Paterculus te uetuit arte magica uti … Dixit se te domo expulsurum esse… Nec habes locum alium quo eas… Nullos amicos habes qui te accipiant…

-          Fallacias praestigia ! inquit Harrius uoce feroci. Hocus pocus … Squigglium vigglium…

-          MAAAAAAATER ! ululauit Dudley, pedes suos offendens dum domum cursu redit. MAAAAAAATER ! Id quod scis facit !

Harrius momentum iucundum maximo emit. Cum nec Dudley nec saepes quidquam mali passi essent, Amita Petunia sciebat eum non re uera arte magica usum esse, sed nihilominus caput ei submittendum erat cum illa plagam grauem in eum sartagine spumea dirigeret. Tum pensa ei  dedit, pollicita eum non ante cibum accepturum esse quam[1] ea confecisset.

Dum Dudley iacet otiosus spectans et sorbitiones gelidas edens, Harrius fenestras mundauit, autocinetum lauit, pratum secuit, areas floriferas purgauit, rosas deputauit et irrigauit, scamnumque hortensium repinxit. Sol superne ardebat, urens collum auersum. Harrius sciebat sibi non respondendum fuisse conuiciis Dudlei, sed Dudley id ipsum dixerat quod Harrius ipse putauerat… Forsan re uera nullos in schola amicos habebat…

 

Vocabulaire :

 

Amita, ae : la tante (paternelle)

An, dans l'interrogation directe : est-ce que par hasard ?

Anas, atis, fem. : le canard

Area, ae, fem. : la surface ; en parlant d'un jardin, le parterre

Autocinetum, i, n. (néol.) : l'automobile

Aversus, a, um : du côté opposé (voir collum)

Bracae, arum, fem. pl. : les braies (portées par les Gaulois), donc ici le pantalon

Cano, is, ere, cecini, cantum : chanter

Charta, ae, fem. : feuille de papyrus ; ici, il s'agit d'une carte postale.

Collum, i, n. : le cou ; collum aversum : la nuque

Conficio, is, ere, confeci, confectum : faire intégralement, finir, achever

Conuicium, ii, n. : tapage, d'où injure, reproche, provocation

Crassus, a, um : épais, gras

Delabor, delaberis, delabi, delapsus sum ( de+labor) : glisser du haut de

Deputo, as, are : tailler, émonder, élaguer

Dirigo, is, ere, direxi, directum : diriger contre

Disco, is, ere, didici, discitum : apprendre

Edo, is, ere ou esse, edi, esum : manger

Emo, is, ere, emi, emptum : acheter, payer

Euanesco, is, ere, euanui : disparaître

Expello, is, ere, expuli, expulsum : chasser

Facillime, adv., superl de facile, facilement

Fallacia, ae, fem. : tromperie, sortilège

Ferox, ocis (adj.) : fougueux, sauvage, terrible

Floriferus, a, um : qui porte des fleurs, fleuri

Fluito, as, a re, aui, atum : flotter

Forsan, adv. : peut-être

Frons, frondis, fem. : le feuillage

Gratulor, aris, ari, atus sum + dat.  : féliciter

Hocus pocus, formules magiques d'envoûtement ; conserver

Hortensius, a, um (de hortus, i) : du jardin

Incatamentum, i, n. : incantation, formule magique

Immanis, is, e : immense

Incedo, is, ere, cessi, cessum : s'avancer

Irrideo, es, ere, risi, risum : se moquer

Itero, as, are, aui, atum : recommencer

Ludibrium, ii, n. : la plaisanterie, la moquerie

Mundo, as, are, aui, atum : nettoyer

Nates, ium, fem pl. : les fesses

Nec… quidquam = nihil

Nictus, us, masc. : le clin d'œil

Nihilominus (adv.) : en rien moins, pas moins, néanmoins

Offendo, is, ere, offendi, offensum : heurter

Passi essent, de "patior"

Paterculus, i : diminutif de pater, donc papa

Pauor, oris, masc. : la peur

Pensum, i, n. : la punition

Plaga, ae, fem. : le coup

Polliceor, eris, eri, pollicitus sum : promettre

Posticus, a, um : de derrière

Praestigium, ii, n. : charlatanisme, imposture. L'édition française traduit "Fallacias praestigia" par "Abracadabra", mot cabalistique qui vient de l'hébreu via le grec. La formule en hébreu est "arba dak arba, "le quatre – anagramme pour le Tout-Puissant -- anéantit les quatre éléments". Noter que le mot grec vient d'une lecture en boustrophédon, de droite à gauche.

Pratum, i, n. : le pré, la prairie. Ici il s'agit d'une pelouse (nous sommes en Angleterre)

Purgo, as, are, aui, atum : nettoyer

Repingo, is, ere, pinxi, pictum : repeindre

Re uera : vraiment, réellement, pour de vrai

Saepes, is, fem. : la haie

Salio, is, ire, salui, saltum : sauter, bondir, sursauter

Sartago, inis, fem : la poêle

Scamnum, i, n. : l'escabeau, le banc

Sorbitio, onis, fem. : tisane, potion, pâtée. Gelida sorbitio : le sorbet

Spumeus, a, um : écumant, mousseux ( la tante Pétunia est en train de faire la vaisselle)

Squigglium vigglium : intraduisible. L'édition française traduit "Trousse-mousse et bave de crapaud", mais je ne dispose pas du texte anglais. "Vigglium" évoque plus ou moins "visqueux"…

Submissim (adv.) : doucement, tout bas

Submitto, is, ere, misi, missum : baisser

Superne (adv.) : d'en haut, de dessus, par dessus

Sursum (adv.) : vers le haut

Titubo, as, are, aui, atum : chanceler, tituber

Traho, is, ere, traxi, tractum : tirer

Trans + acc. : à travers

Tum ipsum … cum : juste au moment où

Uro, is, ere, ussi, ustum : brûler

Veto, is, ere, vetui, vetitum : interdire

Viridis, is, e : vert

Vultus, us, masc. : l'expression du visage, la physionomie



[1] Relier "ante" et "quam"

 

 

« L’ANE D’OR ou LES METAMORPHOSES ».

 

  L’écrivain latin APULEE naquit en Afrique, province du monde romain, vers 126 après JC. Nous lui devons un étrange roman intitulé «  Les Métamorphoses ». Il nous y raconte les aventures d’un jeune homme nommé Lucius, dont le principal défaut est la curiosité, surtout quand il s’agit de pratiques magiques . Cela lui vaudra bien des déboires, particulièrement celui d’être transformé en âne pour avoir voulu pénétrer les secrets de la magie ; il s’agit des aventures d’un âne et d’une âme, roman initiatique donc, qui permettra au héros d’abord inconscient et victime des apparences, d’accéder à la sagesse d’Isis.

 Le récit des malheurs de Lucius changé en âne est ceci dit loin d’être triste ! Croyons-en Apulée, qui avertit ainsi son lecteur : «  Lector, intende : laetaberis ! », et rappelons-nous de l’invitation  de Victor Hugo à  «  Ecouter la façon dont l’homme fait hi-han. »

 

Nous allons travailler sur des textes, dans l’ordre chronologique des Livres :

  Livre I : prologue / voyage en Thessalie / histoire de Socrate victime des maléfices d’une magicienne / arrivée chez Milon.

 

« Où Lucius rencontre deux voyageurs »

Dans le prologue, Lucius( narrateur), présente les circonstances dans lesquelles s’engage l’action,  au  cours d’un voyage que fait Lucius en Thessalie, province du nord de la Grèce.

 

 

 

Les deux voyageurs acceptent la compagnie de Lucius et la curiosité de notre héros ne sera pas déçue par la conversation qu’il va avoir avec eux. Mais ceci est une autre histoire....

 

«  Une sympathique cabaretière »

L’un des deux voyageurs qu’a rencontrés Lucius est un représentant en fromages nommé Aristomène.

 

Il entreprend de raconter à ses compagnons, l’incroyable aventure dont un de ses amis, Socrate, a été récemment la victime. Voyez dans quel état Aristomène l’a par hasard retrouvé...

 

Socrate raconte alors qu’il s’est enfui de la ville de Larissa pour échapper à la vengeance d’une vieille cabaretière, nommée Méroé, qui l’avait pris sous sa protection et exploitait son travail... Aristomène s’étonne : pourquoi redouter à ce point une femme ?  Socrate, encore terrorisé, s ‘explique en ces termes :

 

Aristomène recueille le malheureux Socrate et l’emmène avec lui. Mais la toute puissante Méroé retrouve le fugitif, une nuit, dans une auberge et le vide de son sang, pendant son sommeil ? Aristomène, quant à lui, échappe avec peine à la rage meurtrière de la diabolique mégère.

 

Lucius, parvient enfin dans la ville d’Hypata, but de son voyage, et s’installe chez un ami de ses parents, nommé Milon. Désireux de se montrer courtois à l’égard de ses hôtes et peut-être pour améliorer l’ordinaire, car l’hospitalité de Milon est assez chiche, il se rend au marché ; il va y retrouver par hasard, un de ses anciens camarades de classe, Pythias, devenu inspecteur du marché, et qui prend son rôle très au sérieux...

  

 

 

Pour le texte 3: comparaison entre les deux métamorphoses de Lucius en âne puis le l'âne en Lucius !

  

 

Traduisez et comparez les deux passages relatifs à la métamorphose de Lucius en âne, ( texte 1) au début du roman,- livre III, 24- puis à sa transformation inverse en homme à la fin, - livre XI, 13-.( texte 2)

 

texte 1 :

 

  Ayant serré la boîte contre mon cœur, l’ayant auparavant couverte de baisers et l’ayant priée de m’accorder un envol favorable, après avoir rejeté en hâte tous mes vêtements, j’y plongeai avidement les mains, et, après y avoir puisé une bonne quantité d’onguent, je m’en frictionnai le corps entier.

  Jamque, alternis conatibus libratis bracchiis, in avem similis gestiebam ; nec ullae plumulae nec usquam pinnulae, sed plane pili mei crassantur in setas, et cutis tenella duratur in corium, et in extremis palmulis, perdito numero , toti digiti coguntur in singulas ungulas et, de spinae meae termino, grandis cauda procedit. Jam facies enormis et os prolixum et nares hiantes et labiae pendulae ; sic et aures immodicis horripilant auctibus.

  Bien que je fusse devenu en tout point un âne et, à la place de Lucius, une bête de somme, je conservai cependant mon intelligence humaine. ( III,24)

 

Texte 2 :

 

Tunc ego trepidans, adsiduo pulsu micanti corde, coronam, quae rosis amoenis intexta fulgurabat, avido ore susceptam cupidus promissi devorari. Nec me fefellit caeleste promissum : protinus mihi delabitur deformis et ferina facies. Ac primo quidem squalens pilus defluit, ac dehinc cutis crassa tenuatur, venter obesus residet, pedum plantae per ungulas in digitos exeunt, manus non jam pedes sunt, sed in  erecta porriguntur officia, cervix procera cohibetur, os et caput rutundatur, aures enormes repetunt  pristinam parvitatem, dentes saxei redeunt ad humanam minutiem, et, quae me potissimum cruciabat ante, cauda nusquam !

(XI, 13)

 

vocabulaire :

texte 1 : relevez dans le texte tout ce qui ressemble, en latin, à une partie du corps (humain et animal)

librare : cf. libra, la balance. / conatus un m : entreprise, tentative, effort / nec ullae = nullae / nec usquam = nusquam / plane :complètement / cogo, ere coegi coactum : pousser ensemble, réunir ; ici, forme passive / perficio (cf. facio) faire complètement, achever. Idée de « perfection » / sensus us m : sentiment, sensation, intelligence./

texte 2 : même relevé.

Trepidare : trembler / micare : palpiter /adsiduus : continu, constant / fulgurare : étinceler / intexta : apposé à quae ( corona) : tressée / amoenus : charmant / construisez : « coronam ...devoravi...cupidus » / suspectam ( coronam) promissi : «  la couronne susceptible de promesse » ;  à vous de traduire en meilleur français ! ) / fallo ere fefelli falsum :tromper / protinus :sans interruption / delabor : tomber de /ferina facies : face de bête / squalens entis :sale, hideux / defluo ere :couler d’en haut / dehinc :de là / cutis is f :peau / crassus :épais / resido : s’affaisser, se calmer / exeo : sortir de / porrigo ere :diriger en avant, allonger, étendre / in erecta officia : traduisez « en remplissant leur fonction de membres supérieurs » / procerus : = longus / cohibeo ere bui bitum :tenir ensemble, contenir ( idée de revenir à des proportions normales) / rutundare :verbe dont le sens peut être déduit du français « rotonde » / repeto ere ivi itum :chercher à atteindre de nouveau, reprendre / pristinus : ancien / parvitas atis f : à déduire de « parvus » / saxeus : comme des  pierres / redeo ad minutiem : revenir à une diminution / cruciare : verbe issu de crux ucis f : la croix

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