Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
"NAVIGARE NECESSE EST"

Articles récents

Nouvelle traduction de l'Enéide par Paul Veyne

17 Novembre 2012 , Rédigé par Glaukopis Athéna Publié dans #AGENDA

 

Un événement et une rencontre avec PAUL VEYNE Jeudi 22 Novembre 2012 à la LIbrairie Guillaume Budé : reçu par Hélène Monsacré

374110_449905321744086_611926941_n-copie-1.jpg

pour la parution en coédition Les Belles Lettres-Albin Michel, de sa traduction de l'Enéide de VIRGILE.

         " Aux antipodes de nos romans réalistes en six cents longues pages, l'antique narration épique est rapide jusqu'à être elliptique; tout en restant claire, elle abrège, elle stylise l'événement, que celyui-ci soit un duel ou un naufrage; deux beaux vers suscitent tout un paysage." Paul Veyne. 

"Alors, hâtons-nous de rassurer le lecteur de bonne volonté. En ouvrant l'Enéide, on ne s'attèle pas à la lecture d'une de ces créations souveraines et écrasantes qui dominent les siècles et les continents: L'Enéide est une oeuvre belle, non grande, Virgile n'est pas Dante ou Shakespeare, et l'Enéide n'est pas l'Iliade. En revanche, Virgile est le plus mozartien des poètes antiques et l'Enéide n'a rien d'académique: à la lire, on ne s'ennuie pas." Paul Veyne, préface à la présente édition, page 12.


263579_10151233808244523_1365358831_n.jpg En librairie depuis le 14 Novembre 2012.

 

      Archéologue et historien, spécialiste de la Rome Antique. Ancien élève de l'Ecole normale supérieure, membre de l'Ecole française de Rome ( 1955-1957), il est professeur honoraire au Collège de France.

 

"Entretien radiophonique avec paul Veyne : france Culture  http://www.franceculture.fr/personne-paul-veyne.html

 

 

Lire la suite

Dougga, Thugga, un voyage, un roman.

16 Novembre 2012 , Rédigé par Glaukopis Athéna Publié dans #Carnets de voyage

 

Un voyage avec des latinistes en 2009, un des plus beaux sites antique, en terre africaine, Africa Nova en Tunisie.

 

En 2012, je découvre un petit livre de l'édition "elyzad", "Les blés de Dougga" d'Alia MABROUK.

 

dougga ( voir sur ce lien la description du roman .)

C'est alors comme un second voyage que je fais, seule, dans les ruines de Dougga que la romancière tunisienne  ressuscite sous les pas de son héros, durant l'été 295, le procurateur carthaginois Caecilius Metellus. Suivons son itinéraire lorsqu'il entre dans Thougga et pénètre dans maisons et palais...

 

J'ai donc trouvé les légendes aux photos que j'ai prises dans ce site magique...


 P4140141


P4140115.JPG "La campagne était déserte en ce milieu de jour. le soleil au zénith, disque blanc dans un ciel que la chaleur troublait; un air vibrant, frémissant, faisait craquer les épis pour libérer les grains.

Une arche romaine s'élevait à travers champs, un peu plus loin, une route dallée de grandes plaques de pierre se frayait parmi les herbes sèches et les chardons, et gravissait la montagne pelée toute proche...."(page 9)

 

P4140135 " La cité se campa devant lui, avec ses toits de tuiles brique, ses villas étagées sur les flancs des hautes collines et le gracieux portique de son capitole telle une vigie surveillant

l'étranger qui pénètre son enceinte ...

 

"P4140138.jpg

 

"Il tira brusquement sur les rênes, arrêtant son quadrige. Les chevaux hors d'haleine piaffèrent de colère, mais lui regardait  tout là-haut, le théâtre de Thugga perché sur la plus haute colline.

 

P4140128"Il voyait se profiler la majestueuse et sobre colonnade de sa façade, il voyait les fûts de quatorze immenses colonnes soutenir un entablement de pierre où était peint en lettres écarlates:

 

P. MARCIUS Q.F. ARN. QUADRATUS. FLAMEN.

DIVI. AUG. PONT.C.I.K. IN QUINQUE. DECURIAS.

INO. AUG. PIO. OB. HONOREM. FLAMINATUS.

SUI. PERPETUI. PATRIAE. SUAE. THEATRUM. CUM.

BASILICIS. ET. PORTICU. ET. XYSTIS. ET SCAENA.

CUM. SIPARIS. ET. ORNAMENTIS. OMNIBUS.

A. TRUCTUM. SUA. PEC. IDEMQ. LUDIS.

SCAENICIS. EDITIS. ET. S¨PORTULIS. DATIS. ET.

EPULO. ET. GYMNASIO. DED.

 

Il mit sa main en auvent devant les yeux et essaya d'apercevoir, derrière la forêt de colonnes sur le promenoir, Marcus Quadratus Arnensis se pavanant, tout fier du cadeau qu'il dédiait à sa ville, au milieu des précieuses en grande tenue d'apparat et des coquets en habit de cérémonie réajustant un accroche-coeur qui tombait; mais non ! pLus d'un siècle s'était écoulé et seul le théâtre témoignait de ce généreux bienfaiteur."                 (page 11)

 

 P4140118 Les lourds battants de la porte du palais tournèrent sur leurs gonds de bois pour l'inviter à pénétrer dans cette demeure de la très belle Thugga.

Il entra, l'air important et décidé du messager de la célèbre Carthage. Sous le porche carré, au sol recouvert de mosaïques brunes, les arabesques s'entrelaçaient en un dessin géométrique , trompe-l'oeil confondant formes et


plans. P4140111


Caecilius Metellus y posa un pied quelque peu hésitant mais sentant le sol plat, il sourit et fit le tour de l'atrium pour admirer dans les niches les statuettes de marbre blanc vouées à Cérès, déesse de la moisoon, si belle, si généreuse et une couronne d'épis la célébrait..." (page 74)

 

P4140127.JPG " La route montait vers la collline. Ils passèrent devant le marché aux olives, fermé à cette époque de l'année et qui attendait novembre pour reprendre son activité.

Surplombant la ville, le Capitole leur faisait face, à droite de la Rose des Vents bordée par le temple de Mercure..." (page 129)

 

Il faut imaginer Thougga la Berbère, ce monde de pierres, comme un souk les jours de marché à Tunis, avec des couleurs , des bêtes, des enfants, des nourritures exquises, des maisons décorées avec art et raffinement, couvertes de tapis de pierre et vrais tapis de laine, épais et lumineux ! 

J'ai acheté à Kairouan et rapporté dans mes bagages, un tapis berbère, imité certainement de ces tapis de pierres de Dougga, mosaïques de l'Africa Romana   DSCN2147.JPG

 

Photos de Geneviève Moreau-Bucherie

Lire la suite
Lire la suite

Petit bestiaire des Adages d'Erasme

17 Juillet 2012 , Rédigé par Glaukopis Athéna Publié dans #Etude

                     

 

Edition Les Belles Lettres, traduction de Geneviève Moreau-Bucherie ( 2401-2500) Tome 3 du recueil des Adages.

Une "collection" de proverbes, comme des fables:


Coffret-Erasme---Les-Adages

 

Fontaine.jpg


LA MOUCHE...2407.Même une mouche a une rate


Tout à fait semblable à celui-ci, cet autre adage [722] : « Et les enfants

ont le nez d’un rhinocéros »*. Et celui-ci [1431] : « Il y a de la bile chez la

fourmi ». Ça sent l’ordure.

 

LE CHAMEAU...2408. Le chameau désirant des cornes perdit en plus ses oreilles


Cela concerne ceux qui courent après l’exotisme, et ne s’occupent pas

de ce qu’ils ont. Cet adage a été inspiré de l’apologue des chameaux, qui

envoyèrent leur porte-parole réclamer des cornes à Jupiter. Le dieu fut offensé

par la stupidité de la demande et leur coupa les oreilles aussi.Celui-ci semble

également venir d’Apostolios*.

 

LE SINGE...2409.Hercule et le singe


Se dit de ce qui n’est pas du tout compatible. Le singe tient son pouvoir

de la ruse tandis qu’Hercule excelle par sa force. Cet apologue est voisin de :

« Tantôt fourmi, tantôt chameau » [447]. Il y a une fable connue, au sujet

des frères Perperi, qu’Hercule suspendit attachés ensemble à sa massue1.

On raconte qu’ils furent changés en singes.      

 

  2479.Un singe portant barbe ou queue

Un singe portant la barbe. Aristophane*, én Acharneüsin [= dans Les

Acharniens] : ¯O pithêké ton p¯og¯on’ ékh¯on [= Ô singe qui porte barbe !]. Le

scholiaste* nous informe qu’Archiloque* fait allusion à ce proverbe quand

il dit : «Ô singe, quelle queue tu as ! »

On dit cela en général des gens ridicules.

Régulus appelait Rusticus le singe des stoïciens pour l’insulter, comme le

rapporte Pline* dans ses Lettres, je crois, parce qu’il était plus stoïcien par la

barbe et le manteau que par le caractère.

Ailleurs, Aristophane* encore qualifie certains de dêmopithêkous, comme

s’ils étaient les singes du peuple.Cet animal est gél¯otopoïon [=un bouffon] par

nature, et il semble qu’il ne soit pas né pour une autre fonction, puisqu’on

ne peut le manger comme on le fait des moutons, qu’il ne peut garder la

maison comme les chiens, ni porter des charges comme les chevaux.

Athénée* dans son livre 14, raconte une histoire à propos du philosophe

Anacharsis, d’origine scythe : « Lorsque des comédiens spécialistes du rire

furent introduits dans un banquet, il fut le seul de tous à ne pas rire. Enfin,

 

on introduisit des singes, et il se mit à rire ; quand on lui en demanda la

raison : “Hé ! dit-il, les singes sont gél¯otopoïoi [= bouffons] par nature, tandis

que les autres” ne font que les imiter. »

 

2489.Un joli petit singe

L’expression conviendra lorsqu’on est loué à tort par flatterie. Pindare*

dans ses Pythiques, ode 2 : «Un petit singe est joli, toujours joli aux yeux

des enfants. »

Son commentateur montre que le proverbe vient de ce que les enfants

adulent les singes en répétant sans arrêt kalos pith¯on [= joli petit singe !]. Or

on voit bien que pith¯on est un diminutif dumot pithêkos, comme si l’on disait :

petit singe.

Pindare, par là, blâme indirectement quelqu’un de dresser la crête quand

il est loué par des ignorants, ou bien d’aduler Hiéron et de louer chez lui ce

qui n’était pas louable.

Mais ces animaux sont dotés de philaütia [= d’un narcissisme] particulier,

ce qui fait qu’ils sont sensibles aux louanges, prennent du plaisir à se regarder

dans les miroirs et se réjouissent du contact physique avec leurs petits, au

point de les tuer dans leur étreinte.

Les Anciens employaient kharigl¯otteïn pour : parler de façon charmante,

verbe qu’a utilisé Eschyle* dans Prométhée enchaîné, comme nous l’apprend

Athénée* dans le livre 4. En accord avec la même référence, on disait que

êdügl¯otteïn [= parlaient doux] ceux qui préféraient dire des choses agréables

à dire des choses vraies.

1. Érasme utilise souvent l’expression collatis signis ici : signa en latin désigne des

enseignes, drapeaux, signes de ralliement dans les armées romaines. Les enseignes romaines

étaient des aigles.

 

 

 

      LE CHIEN...2413. Le chien revient à son vomi


Cet adage convient parfaitement à ceux qui retombent dans les crimes

pour lesquels ils ont un jour payé le prix. Il est rapporté en ces termes dans

les lettres de saint Pierre* : «Or pour eux le proverbe a dit vrai : le chien

retourne dans son propre vomi, et la truie se lave pour aller se vautrer dans

la boue. »

L’image provient bien sûr des chiens qui ingurgitent à nouveau ce qu’ils

ont vomi, et des truies qui reviennent en courant tout droit du fleuve dans la

boue. le paroïmiographos hébreux [= l’auteur de proverbes] exprime la même

idée : « Comme le chien qui retourne dans son propre vomi, le fou répète sa

folie. » Saint Pierre faisait en effet allusion à ce passage, si je ne me trompe.

 

L'ANE ET LE CHIEN...  2414.Donne de la paille au chien, des os à l’âne


On dit cela de choses mal distribuées. C’est comme si l’on offrait en

cadeau de la littérature à un inculte, à un érudit des fleurs, un glaive ou un

ceinturon, à un soldat un livre, à un évêque des chiens de chasse. De tels

cadeaux sont malvenus pour la raison même qu’ils sont inadaptés. Quelquefois

ils sont pris pour une insulte.

 

images.jpg

LES OISEAUX... 2421. Ékpérdikisaï [= L’oiseau s’est envolé]


Les Grecs, en disant ékpérdikisaï, désignent par une métaphore proverbiale

le fait de s’échapper ou de se dérober comme une perdrix. Aristophane* dit

dans Les Oiseaux :

Chez nous, point n’est honteux

D’échapper des filets.

Cela vient de ce que les oiseaux s’échappent souvent des filets ou des

pièges. Comme le dit le proverbe, la perdrix est particulièrement habile à

s’enfuir des mains des chasseurs. Et à ce sujet il est intéressant de citer ici les

paroles mêmes d’Aristote*, dans son livre 9 de LaNature des animaux : « Elles

ne pondent ni ne couvent leurs oeufs au même endroit de peur qu’on ne

remarque qu’elles s’y installent trop longtemps. Plus tard, quand quelqu’un

vient en chassant à tomber sur son nid, la perdrix fond sur les pieds du

chasseur, comme pour être capturée ; par cette pratique, elle l’attire vers elle,

lui faisant croire qu’il peut la saisir, le temps que les petits s’enfuient un à

un du nid. Cela fait, elle s’échappe à son tour en volant et rappelle ses petits

auprès d’elle. »

Voilà pour Aristote. Et c’est avec plaisir que j’ajouterai à ce passage ce

que Plutarque* écrit en des termes à peu près similaires dans le livre intitulé

Qui des animaux terrestres ou marins sont les plus intelligents ? : «Mais les perdrix

font preuve d’une autre forme d’intelligence, liée à leur amour pour leurs

petits. En effet, quand ils ne savent pas encore voler, elles leur apprennent

à se coucher sur le dos, en maintenant au-dessus d’eux de la terre ou de

la paille en guise de couverture et, ainsi recouverts, à rester cachés, tandis

qu’elles-mêmes détournent le chasseur vers un autre lieu, grâce à la tactique

suivante : elles l’attirent en fondant sur ses pieds et volètent juste au-dessus de

lui pour lui laisser espérer une capture, le temps qu’il faut pour l’entraîner

loin de leurs petits. »

Je pense avoir assez bienmontré par cesmots qu’en grec ékpérdikisaï signifie

exactement s’échapper avec l’habileté et l’intelligence de la perdrix.

En même temps, il est fait allusion à un cabaretier particulièrement malhonnête,

à qui l’on avait donné le surnom de Perdrix parce qu’il boitait.

Aristophane le mentionne dans Les Oiseaux*.

05-17.jpg

 

LES POISSONS...  2438. Éklinisaï [= Passer à travers les mailles du filet]


C’est une figure proverbiale qu’Eustathe* présente comme telle dans le

chant 3 de l’Iliade. La métaphore provient des poissons qui s’échappent des

filets ou qui se détachent de l’hameçon. Car les filets sont appelés lignes chez

les Latins aussi, comme chez Virgile* : « Ils tirent les lignes humides. »

Certains poissons ont une habileté innée à s’échapper desmailles des filets,

comme Oppien* nous le raconte avec élégance dans le livre 3 à propos du

mulet. Mais mieux vaut donner le texte du poème puisque son auteur n’a

pas encore été publié :

Quand le mulet est pris aux mailles du filet,

Et par art et par ruse il sait où s’échapper.

Il saute en l’air gaillard, d’un bond ô combien leste,

Et de toutes ses forces tente de se dégager,

S’élance à la surface, sort tout son corps de l’eau.

Et grâce à son Génie, fortune lui sourit

Car souvent il franchit les cordes du filet,

Auxquels sont attachés les câbles les plus hauts,

Et s’échappe, fuyant un noir destin. Mais, si

Se croyant aguerri il retombe, inquiet,

Il ne se battra plus pour sortir du filet,

Et de ses vains efforts et du danger instruit,

Ne se démène plus, renonce à s’élancer.

Il garde enmémoire les astuces identiques par lesquelles les autres poissons

s’échappaient une fois pris. Mais il serait trop long de tout raconter.

Ce que relate le poète Claudien* du poisson-torpille est amusant à découvrir

: comment, lorsqu’il a été capturé par l’hameçon, il se dégage par le

pouvoir du poison projeté à travers le filet et la ligne, jusque sur les mains

du pêcheur.

Le poème donne ceci (car pourquoi alourdir ce qui est écrit avec tant

d’élégance et d’esprit ?) :

Si un jour il absorbe l’appât d’airain caché,

Et se sent retenu par l’hameçon courbé,

D’une vaine morsure ne se dégage pas,

Mais par ruse à la noire ligne va se joindre,

Sachant bien quel pouvoir sa capture lui conďre ;

Toute la surface de la mer est couverte

Du noir poison que ses veines répandent ;

Au haut de la ligne, puissant il se propage,

Et au-delà des flots paralyse le pêcheur.

L’horreur, effrayante, jaillit des fonds marins,

Et, grimpant tout au long de la ligne qui pend,

Elle traverse ses noeuds d’un froid mystérieux,

Le sang fige la main qui croyait triompher.

C’est un fardeau funeste et une proie rebelle

Que le pêcheur rejette à la mer ; bredouille

Et sans sa canne à pêche, il revient au logis.

Le commentateur d’Aristophane* pense que l’expression vient des oiseaux.

Perse* dans Satires, 5, utilise une figure semblable :

Afin que tu ne veuilles pas te débattre et rompre tes filets aux mailles serrées.

 

 

L'OURS...

2467.Ne touche pas les narines fumantes d’un ours


Cela tient du proverbe, et on le trouve chez Martial* :

Garde-toi, dans ta rage et l’écume aux lèvres,

De toucher les narines fumantes d’un ours vif.

Il peut rester tranquille et te lécher les doigts ;

Si la douleur, la bile ou la colère l’emportent,

Ours il redeviendra. Et mieux vaut dans ce cas

Que sur une peau vide tu émousses tes dents.

 

LES SOURIS...

2468.Comme des souris


Plaute dans Les Deux Captifs* :

Nous mangeons toujours comme des souris

La nourriture qui est à autrui.

On le dit des parasites, qui se font une joie de manger le pain d’autrui.

S’attarder dans un même endroit, être libre et manger la nourriture d’un

autre sont incompatibles, ce qui est montré avec élégance dans une fable

d’Ésope* au sujet d’un rat des villes et d’un rat des champs. De plus, les

Grecs emploient un verbe métaphorique, müspoleïn, pour dire : qui rôde

et erre dans tous les sens, comme des souris à la recherche de nourriture.

Hésychios* l’a indiqué aussi.

 

Le RENARD...

2470.Aussi facilement qu’un renard mange une poire


Plaute* dans la comédie Le Fantôme dit :

Aussi aisément qu’un renard mange une poire,

Tu vaincras.

Se dit d’une chose facile à réaliser, car manger une poire ne demande

aucun travail à un renard qui a des dents superbes.

 La-Fontaine5-bis.jpg

LE PORC...

2472. Le porc fait la Đte


« Le porc a dansé » ou « Le porc fait la ƒête ». Diogénianos* nous montre

que l’on disait en général cela de ceux qui se tenaient mal, et qui, lorsque

la situation tournait à leur avantage alors qu’ils ne l’avaient pas mérité, se

comportaient avec une grande insolence.

Suidas* et Zénodote* mentionnent tous les deux ce proverbe. Or, chez

les Grecs, c’est k¯omazeïn [= s’ébattre] comme les jeunes amants avec des

couronnes de fleurs, des chants, des danses et toute autre bagatelle juvénile,

et se ruer dans les maisons des autres. Les porcs aussi se ruent, d’où ces

propos de Théocrite* dans Les Syracusaines : « En foule dense tous ensemble

ils se ruent, comme les porcs. »

Du reste il est étonnant de voir comment les hommes de caractère fruste

peuvent se comporter de manière honteuse. Cet adage conviendra bien à

quelqu’un de nature sauvage et grossière qui affectera de sembler spirituel.

 Schulmann-Didier-Marc-Chagall-Les-Fables-De-La-Fontaine-Cha

LES CORBEAUX ET LES COLOMBES...

2473. Favoriser les corbeaux, harceler les colombes


Ce que l’on trouve chez Juvénal* ressemble à un proverbe comme un oeuf

à un autre oeuf [410] :

Aux corbeaux les faveurs, les tracas aux colombes.

Les châtiments des lois s’exercent sur les humbles et ceux de qui l’on

peut tirer profit, du fait de la gentillesse de leur caractère. On pardonne aux

voleurs.

L’adage est tiré d’une maxime d’Anacharsis* qui disait cela en se raillant

du zèle de Solon à écrire ces lois, comme Plutarque* le rapporte dans la Vie

de Solon : « Il disait que les lois sont semblables aux toiles d’araignées parce

que, si un corps assez léger et ténu se précipite sur elles, il y reste collé tandis

qu’un corps plus gros les crève et s’enfuit. »

Ce que dit Térence* dans Phormion relève de la même sentence :

Jamais nous ne piégeons épervier ni milan,

Mais on tend nos filets aux candides oiseaux.

Dans les uns, c’est profit, dans les autres, gâchis.

 

2478.Une colombe posée


Suidas* le recense comme proverbe et indique que l’on avait coutume de

dire cela de personnes extrêmement douces et simples. En effet, lorsque les

colombes s’envolent, elles dépassent tous les autres oiseaux par la vitesse de

leur vol ; mais, une fois posées, il n’y a rien de plus doux et de plus simple.

Elles n’ont aucune autre défense contre les milans et les éperviers que la

rapidité de leurs ailes.

Je pense que l’on peut dire cela aussi de ceux qui feignent l’ingénuité pour

mieux donner le change, parce que les oiseleurs ont l’habitude de déposer

dans un filet une colombe dont on a arraché les yeux, qui attire toutes les

autres, en sautillant. LesGrecs appellent cet oiseau paleütria, du verbe paleüeïn

qui signifie séduire en détournant ou attirer dans un piège.

Aristophane* dans Les Oiseaux, à propos des colombes :

Il les force, empêtrées dans le filet, à tenir lieu de leurres.

À toi de voir, lecteur, s’il faut lire hêmménê, c’est-à-dire, prise au piège, car

c’est ce qu’on lui a fait subir pour abuser les autres2.

 

 

 

Notes: 

1. Athénée dit que le verbe sikélizeïn, qu’Érasme traduit par siculissare en latin, signifie

en fait : danser.

2. Érasme suggère que le proverbe serait plutôt «Une colombe dans un filet » au lieu

d’«Une colombe posée ».

 

lE LION ET LE RENARD...

2481. Si une peau de lion ne suffit pas,

il faut y ajouter celle d’un renard


Si une peau de lion ne suffit pas, ajoute celle d’un renard. Quand on

ne peut obtenir quelque chose par la force physique, il faut employer la

ruse. L’adage provient d’une sentence de Lysandre, qui en effet, comme

Plutarque* le rappelle dans sa Vie de Lysandre, avait pour habitude de rire

de ceux qui, sous prétexte de descendre d’Hercule, pensaient pouvoir faire

la guerre à découvert par leurs seules forces physiques, et sans ruse. Lui, au

contraire, jugeait que c’était le devoir d’un bon chef, à l’endroit où la peau

d’un lion ne pouvait s’étendre, de la coudre avec celle d’un renard.

C’est à peu de choses près la même idée à laquelle Virgile* aussi fait

allusion quand il dit : « Ruse ou courage, que rechercher chez l’ennemi ? »

L’adage est rapporté par Zénodote*.

Il est similaire à celui dont Plutarque* rappelle, dans la Vie de Sylla, qu’il

a été prononcé par Carbon. En effet, parce que Sylla non seulement faisait

la guerre en rase campagne mais aussi par la ruse, il disait que, menant cette

guerre à la fois contre un renard et un lion, dont Sylla possédait la double

nature, il s’inquiétait plus vivement du renard.

Chez Aristophane*, il est dit de quelqu’un qu’il est künal¯opêx [= un

chien-renard], parce qu’il conjugue l’impudence du chien à l’astuce du

renard.

 anpolions.jpg

2498. Peau de lion sur robe couleur de safran


Se dit quand on associe deux choses totalement dépareillées. L’expression

a été tirée de Bacchus qui descendit aux Enfers dans cette tenue, chez Aristophane*.

Il avait revêtu une délicate robe de femme sur laquelle il avait jeté

une peau de lion, de sorte que l’on crût dans les Enfers qu’il était, bien sûr, le

redoutable Hercule. C’est donc parce qu’il est attifé de la sorte qu’Hercule

se moque de lui dans Les Grenouilles :

Comment ne pas pouffer quand je te vois vêtu

D’une robe de safran sous ta peau de lion.

On l’emploiera de façon appropriée contre certains moines ou maîtres

d’école, qui portent en public les insignes de leur institution, et agissent

en privé comme des soldats, ou ceux qui sous des apparences sévères sont

efféminés dans leurs manières.


blog3.jpg


Lire la suite

Les Adages d'Erasme fêtés aux DIONYSIES...

20 Mars 2012 , Rédigé par Glaukopis Athéna Publié dans #AGENDA

LES ADAGES D'ERASME

896-1-49 portrait erasme Cliquez sur cette image pour plus d'informations sur la célébration de l'événement .

 

 

 

Faire le poulpe // Connais‐toi toi‐même // Rien de trop // Lʹombre de lʹâne // Plus changeant que lʹhydre // Lʹanneau de Gygès // La baguette divine // Qui a nui nuira etc.

Les Dionysies célèbrent la sortie aux Belles-Lettres, dans la collection le Miroir des Humanistes, des Adages d’Érasme par une lecture publique avec les traducteurs des Adages et les comédiens de Démodocos. Pour la première fois, l’édition intégrale du chef d’oeuvre d’Érasme : les 4151 Adages, accompagnés de leur traduction française. Ce best seller de l’humanisme (30 éditions du vivant de son auteur) avait disparu d’Occident depuis sa mise à l’Index des livres interdits par le concile de Trente en 1559…

Lire la suite

Livre III des Adages d'Erasme : " Le rire sardonique" et autres proverbes

29 Février 2012 , Rédigé par Glaukopis Athéna Publié dans #AGENDA

 Le coffret des Adages étant paru, avec déjà une diffusion de 600 d'entre eux en France et en Europe, Glaukopis Athéna qui a  fait partie des 50 adagiomanes traducteurs, vous présente son "bébé": Livre III, adages 2401 à 2500, "Le rire sardonique inaugurant le corpus des 100 adages.

P3010021.JPG

 Particulièrement savoureux les adages de cette page, un véritable bestiaire pour nourrir les fables à venir...

 

P3010029.JPG

 

Pour la diffusion, le calendrier proposé par JC Saladin : sur ce lien: première page

 http://blog-genev.mb-onlyone.over-blog.com/

 

Lire la suite

Julien l'Apostat aux Belles Lettres

22 Février 2012 , Rédigé par Glaukopis Athéna

9782251040127_0.jpg

 

Empereur pendant un an et huit mois seulement, Julien dit l'Apostat (332 – 363) figure sur la liste des persécuteurs de l'Église, un cas unique dans l'histoire des empereurs de l’Antiquité tardive.
Fils autoproclamé d’Hélios, vouant aux anciens dieux ainsi qu’à la philosophie grecque une adoration sans borne, il tente de mener son empire en suivant la raison éclairée et le courage conquérant de ses deux grands modèles Marc Aurèle et Alexandre le Grand.
Il est l’un des rares empereurs à avoir jalonné son expérience du pouvoir de traités théologiques et philosophiques écrits au beau milieu de la tourmente. Il nous est également parvenu assez de lettres pour que se dresse un étonnant témoignage de la fonction même de maître d’un empire immense et peu uni à l’aube des grandes invasions. Ammien Marcellin, Grégoire de Nazianze, Libanios, Zosime, et Mamertin nous racontent.
Textes réunis et présentés par Paméla Ramos.

Paméla Ramos est responsable de la librairie Guillaume Budé spécialisée dans l’Antiquité. Elle a précédemment publié La véritable Histoire de Marc Aurèle, en 2009.

Lire la suite

Interview de J-C Saladin sur la publication de Adages d'Erasme

10 Février 2012 , Rédigé par Glaukopis Athéna

 



Sur ce lien l'émission de radio :http://www.frequenceprotestante.com/index.php?id=11&date=20120204&cHash=4b6528397a

 

 Une fois sur la page, déroulez la  jusqu'à l'encadré ci-dessus, émission :  Alexis Fournol reçoit J-C. SALADIN, et cliquez sur le "petit rond" à droite.

Vous pouvez télécharger sur mp3.

 

 





Lire la suite

les Adages d'Erasme, une genèse, une publication aux Belles lettres, sous l'égide de JC Saladin

14 Janvier 2012 , Rédigé par Glaukopis Athéna

Ad majorem Erasmi gloriam

Rassurez-vous, il y a encore des fous. De ceux qui sont capables de payer de leur personne pour l’amour de l’art, ou plutôt du latin, disons l’art du latin. Le geste pur, désintéressé, à seule fin de se vouer à plusieurs à la réussite d’un grand projet réputé utopique qui n’aurait jamais vu le jour sans la dynamique de groupe. Pour la plus grande gloire d’Erasme de Rotterdam. On l’a oublié si on l’a jamais su, l’auteur de l’Eloge de la folie fut aussi celui des Adages, authentique best-seller du XVIème siècle, qui eut poursuivi sa prometteuse carrière éditoriale n’eut été sa mise à l’Index de 1ème classe pour paganisme aggravé, Rome lui reprochant même d'avoir pondu les oeufs que Luther allait couver et d'avoir blasphémé en osant un tonitruant "Saint Socrate, priez pour nous !" ; il est vrai aussi que l’auteur ne citait pratiquement aucun auteur chrétien (hormis Origène et Jérôme, loué pour son génie de traducteur), les jugeant trop médiocres et leur préférant Homère et Lucien. Il fut voué aux gémonies aux côtés de Luther et Melanchton. C’est ainsi qu’il disparut cinq siècles durant de nos librairies et de nombre de nos bibliothèques. Dans les pays catholiques, il était devenu si rare que les Jésuites devaient demander une autorisation spéciale pour se le procurer et l'utiliser dans leurs collèges tant il était indispensable à leur enseignement. Jusqu’en 2007. C’est alors qu'intervint Jean-Christophe Saladin, un latiniste franc-tireur, qui fut régisseur pour les percussions de Strasbourg et directeur technique de théâtres après avoir abandonné l’enseignement de la philosophie; il s’était remis tardivement à 50 ans aux chères études afin de passer une thèse sous la direction de Pierre Vidal-Naquet sur la résistance à l’humanisme vue à travers les obstacles au retour du grec à la Renaissance; il décida de ressusciter les 4 151 Adages d’Erasme, dont la richesse vient en grande partie du commentaire qui suit chacun d’eux car chacun contient des citations d’un grand nombre d’auteurs et de textes dont beaucoup sont désormais introuvables. Non pas une édition scientifique et philologique comme il en existe une excellente en anglais à Toronto, mais une version allégée de notes fidèle à la vulgate même d’Erasme. Tout de même : six millions de signes…

Nul autre que les Belles-Lettres, à qui rien de ce qui touche aux humanités n’est étranger, ne pouvait décemment en être l’éditeur. Caroline Noirot, qui préside à ses destinées, y fut sensible à condition que la gestation de la folie en question fut ramenée d’une vingtaine d’années à cinq ans maximum. Festina lente ! Se hâtant lentement mais pas trop, Saladin réunit donc une poignée de passionnés rencontrés lors d’un concours d’éloquence latine qu’il avait organisé à l’occasion d’une causerie. Partis à cinq, les Adagiomanes arrivèrent une soixantaine. Tous n’étaient pas des traducteurs patentés ni des universitaires chevronnés, ils venaient de Paris et du Maroc, de Perpignan et d’Allemagne, mais chacun aurait payé pour être de cette aventure. Pour salaire, on leur promit qu’ils se partageraient 7% des droits d’auteur (entre 54 collaborateurs exactement...) quelle que fut l’importance de leur contribution, qu’ils recevraient un exemplaire de l’œuvre, que leur nom figurerait sur la page de garde et qu’ils jouiraient de la considération pleine et entière chez tout ce qui reste d’honnêtes hommes là où l’on sait encore ce que parler français veut dire. Il ne leur en fallait pas davantage. Cinq ans durant, ils correspondirent essentiellement par l’intermédiaire d’un forum fermé sur internet et se réunirent deux fois par an pour un banquet à Paris le 7 novembre, jour de la mort de Platon, et le 7 avril, jour de la naissance supposée d’Apollon, tout en respectant deux conditions sine qua non : obligation de se tutoyer et interdiction de faire état de ses diplômes. Et implicitement la mise au ban des traités dogmatiques des scolastiques considérés comme un ennemi de classe, l’affirmation d’un parti pris pédagogique et un enthousiasme à soulever les montagnes. Chaque traducteur travailla en binôme afin que la correction fraternelle fut permanente. Le maître d’œuvre M. Saladin s’employa à unifier le tout (une bonne moitié des citations des adages sont des vers), afin de rendre justice à la belle et riche langue métaphorique d’Erasme tout en conservant à l’esprit la remarque d’Aristote en vertu de laquelle il faut user des épithètes comme de condiments et non comme d’aliments. Alors mollo sur le dicton ! On y gagne en humilité. Pline ne disait rien d’autre : Adversus solem ne meiito, (« Ne pisse pas face à soleil » ) mais combien de nos contemporains savent-ils qu’en s’exécutant contre un mur ils sont en cela fidèles à Hésiode qui conseillait d’agir ainsi afin de ne pas offenser quelque dieu par la nudité ? Dans son avant-propos, Erasme justifie la nécessité des adages en précisant qu'ils permettent de connaître quatre choses :

" (...) la philosophie, la capacité de persuader, la beauté et grâce du discours, la compréhension des meilleurs auteurs (...) Aristote estime que les adages ne sont rien d'autres que les reliques d'une antique philosophie, disparue lors des plus terribles catastrophes de l'histoire humaine. On les a conservées en partie pour leur concision et leur brièveté, en partie pour leur enjouement et leur charme: c'est pourquoi nous les considérons d'un oeil, non pas nonchalant ni endormi, mais particulièrement attentif et scrutateur. Ce sont en effet, dirait-on, comme les étincelles d'une vieille sagesse qui fut bien plus clairvoyante dans sa quête de la vérité que les philosophes qui ont suivi."

Résultat : cinq volumes sous coffret, édition numérotée, tirage limité. A gauche, l’original latin mâtiné de grec, à droite la traduction française. Une merveille d’élégance et d’intelligence, une fête du cœur et de l’esprit. Une bible païenne qui, malgré les destructions opérées par le Concile de Trente (1559), recèle le meilleur de la culture gréco-latine. Tout y est, même la question des retraites par l’adage No 437 habilement réglée par Ovide, Macrobe et Varron : Sexagenarios de ponte dejicere, autrement dit : « Jeter les sexagénaires du haut d’un pont. ». Le coffret des Adages pèse 7 kgs tout mouillé ; sa valeur est inestimable mais son coût est de 350 euros pour commencer et de 420 euros jusqu’à la consommation des siècles ; l’éditeur a dû tout de même enregistrer son 200ème souscripteur avec un "bene est !" de soulagement pour être sûr que ce projet fou ne mettait pas la maison en péril.

Cela dit, si cela vous paraît trop, les Belles-Lettres publient dans le même temps Lettre à mon frère pour réussir en politique, des conseils de campagne électorale fort avisés à Quintus Cicéron. Quelques dizaines de grammes, moins d’une centaine de petites pages, 2,80 euros. Ce que Nicolas Sarkozius cherchera dans Erasme, Hollande le trouvera peut-être chez Quintus Cicéron. L’un et l’autre ont d’ores et déjà appliqué la recommandation rappelée par Plutarque : « Dosones », ce qui correspond à l’adage No 3492 : « Les « je donnerai » ». Autrement dit : demain on rase gratis.

(" Desiderius Erasmus Roterodamus, vers 1525", tableau de Hans Holbein le jeune; Jehan-Christophus Saladinus à la librairie Guillaume Budé" photo Passou)

 

Article de Pierre Assouline, in La république des Livres, blog de Pierre Assouline

Lire la suite

Edition des Adages d'Erasme en coffret très bientôt

5 Décembre 2011 , Rédigé par Glaukopis Athéna

 

 

Si fière d'avoir participé à cet événement pour la traduction en collégialité d'"adagiomanes", et enthousiasmée par cette expérience qui a débuté en 2009,  je vous fais part de cet événement .

Glaukôpis Athéna: CHOUETTE3.jpg

 

 Voir sur ce lienhttp://enseignement-latin.hypotheses.org/3097

 

 

 

Coffret-Erasme---Les-Adages

 

Voir sur le lien : librairie Guillaume Budé: 

http://www.librairieguillaumebude.com/article-les-adages-d-erasme-entretien-avec-jean-christophe-saladin-63332954.html

 

Lire la suite
<< < 1 2 3 4 5 6 7 > >>