Overblog Suivre ce blog
Editer la page Administration Créer mon blog
"NAVIGARE NECESSE EST"

Mémoire de maîtrise -2- sur les graffitis : graffitis érotiques, tavernes, lupanars, auberges...

Rédigé par Geneviève Moreau-Bucherie Publié dans #Mémoire

Mémoire de maîtrise -2- sur les graffitis : graffitis érotiques, tavernes, lupanars, auberges...

I- Ce que révèlent les inscriptions du caractère et des mœurs des Pompéiens

A- Dans les auberges et les tavernes :

Les auberges et les tavernes jouèrent un rôle important dans la vie du petit peuple de Pompéi, si l'on en croit les nombreuses inscriptions retrouvées sur les murs de ces établissements.

Leur prolifération, tant aux abords directs des portes de la ville et le long des grandes rues qu'au plus profond des petites ruelles, est notée dans le plan de Pompéi dressé par Tonnes Kleberg, Hôtels, restaurants et cabarets dans l'antiquité romaine.

On pouvait distinguer deux catégories d'établissements :

- Les établissements d'hébergement qui servaient d'hôtels pour la nuit et assuraient aussi la nourriture et les boissons :

Il s'agit des .....................CAUPONA

DEVERSORIUM

HOSPITIUM

STABULUM.

L'hospitium : REG. VII - 12 - 34/35, est un hôtel pompéien caractéristique.

Autour d'une pièce assez grande, probablement la salle à manger, avec une entrée donnant directement sur la rue, se trouve une série de six petites pièces : chambres à coucher, cabinets et cuisines.

Distinct de ce groupe de pièces, un local de consommations spécial, avec une petite salle à manger et un cabinet ouvrent directement sur la rue.

On a trouvé sur les murs d'une chambre à coucher, cette description, vraisemblablement écrite par un voyageur nostalgique qui désirerait auprès de lui le présence de son amie :

VIBIUS RESTITUTUS HIC SOLUS DORMUIT ET URBANAM SUAM DESIDERABAT (2146)

Vibius reposé a dormi seul ici et il désirait son Urbana !

- D'autre part les tavernes, quelquefois adjointes aux auberges ou à des maisons particulières, le plus souvent isolées, qui offraient uniquement nourriture et boissons.

Ainsi la TABERNA était plus spécialement un cabaret où l'on servait du vin, et la POPINA, une taverne réservée à la restauration et un débit de boissons.

Les caractéristiques de presque tous ces locaux sont : un comptoir de consommation ou de magasin tourné vers la rue avec ses cruches en terre cuite, des dispositifs en forme de marches d’escaliers pour les récipients de boisson et le fourneau pour préparer les mets et chauffer l’eau.

Un bon exemple de restaurant pompéien est donné par : REG. IX - 5 - 16.

Immédiatement à droite de l’entrée se trouve un petit foyer où vraisemblablement on chauffait les boissons, une cuisine spacieuse, la chambre de Postiarius. Autour de l’atrium avec son impluvium, se groupent trois pièces dont deux servaient de salle à manger. On a retrouvé dans une salle, des fresques représentant des peintures obscènes, ce qui permet de penser que cette pièce était utilisée pour la prostitution.

Au fond de l’atrium, une série de pièces étaient sans doute réservées au tenancier pour son logement.

On aurait recensé environ 118 tabernae et popinae à Pompéi, concentrées surtout en REG. I, REG.VI et REG.VII, tandis que, pour ce qui est des hospitia et des stabula, on note un parallélisme avec la répartition de nos hôtels dans les villes modernes : on les trouve essentiellement aux portes principales de la ville (porte de Stabies, porte d’Herculanum) et le long des grandes avenues qui pénètrent au centre de la ville.

B - Ce qu’elles nous apprennent des tenanciers de ces établissements :

Une liste des tenanciers a pu être dressée, grâce aux inscriptions retrouvées sur les lieux : elle nous permet une estimation assez précise et intéressante de la vie à cette époque dans les lieux publics.

Nous en citerons quelques uns, hommes et femmes, à titre d’exemple :

ACISCULUS - 10 -

ASC(u)LA - 7 288 -

ASTYLUS - 7 525 -

ATHICUS - 7 545 - 7 523 -

CAPRASIA - 171 -

COPIOSUS - 989 -

DEMETRIUS - 7 993 - 2 - 2a -

3 200 - h - k -

3 359 -

EPAGATUS copo - 1 015 -

FABIUS CELER - 3 481 -

FABIUS MEMOR - 3 481 -

FORTUNATA - 111 -

FORTUNATUS - 831 -

GABINIUS - 1 314 -

(H)EDONE - 1 679 -

HELPIS AFRA - 2 993 - 2j-

HERMES - 3 355 -

HERMES - 7 489 -

C. HUGINUS FIRMUS - 3 779 -

INNULUS - 3 366 - 3 367 - 2 993 - d - a - 2 893 z - b

LUTATIUS - 7 443 - 7 636 -

MARCUS - 3 728 -

MASCULUS - 7 238 - 7 240 - 8 165 - 8 169 -

....NNIUS CAUPO - 537 -

NOVICIUS CAUPO - 434 -

NYMPHIUS - 171 -

OPTATIO - 849 -

PAPILIO - 3 367 -

PARDALUS - 7 528 -

PARIS - 821 -

PHERUSA - 7 749 -

PHILIPPUS - 567 -

PHOEBUS - 103 -

PHOEBUS - 2 949 - 2 310 -

POLLIA - 368 -

POLYBUS - 3 379 -

PRIMUS - 953 - 966 - 1048 -

PURPURIO - 7 919 -

SABINUS COPO - 629 -

SALVIUS - 3 493 -

SEIUS COPO - 3 502 -

SITTIUS - 806 - 807 -

STABULIO ou STABILIO - 7 384 - 8 419 - 8 423 - a - b -

STATIUS - 7 767 - 8 903 -

TERTIUS - 3 831 -

THYRSUS - 3 640 -

VESSINIUS COPO - 6 700 -

L. VETUBIUS PLACIDUS - 7 275 - 7 278 - 7 280 - 7 284 - 7 290 - 9 614 b - 9 616 -

En étudiant ces noms, nous notons que sur quatre noms complets de tenanciers contenus dans la liste ci-dessus, trois sont ceux de liberti (ou libertae), un seul, celui d’un homme de naissance libre.

La majorité de ces noms sont d’origine grecque ou orientale : ce qui indique, à l’époque, que nous avons affaire aux plus basses couches de la société.

Ainsi, ceux qui exerçaient réellement le métier de caupones, de popinarii, ont appartenu à la couche inférieure de la société, au même titre que les artisans et petits commerçants, ainsi que les leones (lutteurs dans l’arène). D’autre part, les cabaretiers avaient mauvaise réputation dans les matricules de la police judiciaire, militaire et civile, ils étaient associés aux voleurs, aux loueurs de dés, aux entremetteurs, à toutes sortes de gens vivant plus ou moins en marge de la loi.

On avait généralement peu d’estime pour eux : on les taxait de fourbes. Leur avarice était proverbiale et on les soupçonnait souvent de falsifier leur vin en le coupant fortement d’eau.

Ce que cette inscription dénonce :

TALIA TE FALLANT UTINAM MENDACIA COPO, TU VENDES AQUAM ET BIBES IPSE MERUM. - 3 948 -

Puissent de tels mensonges te tromper toi-même, aubergiste ! Tu vendras de l’eau et toi tu boiras du vin !

On note aussi que le type savoureux du cabaretier comique et bafoué a été l'un des sujets favoris de l'humour populaire de l'époque.

Ces taverniers étaient en outre suspects et méprisés parce que leur auberge ou leur cabaret était souvent lieu de rixes, de querelles d'ivrognes, et aussi d'attentats, de meurtres, d'enlèvements, de règlements de compte de toutes sortes.

Mais ces endroits avaient aussi la réputation de servir à la prostitution, très répandue dans les mœurs de l’époque; N’oublions pas que Pompéi était une ville prospère et libertine, qui cultivait la philosophie de l’épicurisme jusqu’à l’extrême. La profusion de la débauche se lisait sur les murs dans un appétit qui semblait défier la mort et la catastrophe d’Août 79.

Ainsi un inconnu écrivit :

SI QUIS HIC SEDERIT, LEGAT HOC ANTE OMNIA : SI QUI VOLUIT - 9 145 -

Si quelqu’un s’assoit ici, qu'il récolte cela avant tout : pourvu qu’elle l’ait voulu !

Pour qui désirait invoquer Vénus, déesse de l'amour et protectrice de Pompéi.

La prostitution se faisait donc plus ou moins clandestinement dans les auberges et les tavernes.

Dans la liste que nous avons citée ci-dessus, nous remarquons quelques noms de femmes qui devaient être tavernières ou serveuses. Ces femmes aux noms grecs et orientaux cumulaient très certainement ces fonctions avec celles de courtisanes. De toute façon, elles en avaient la réputation et étaient méprisées pour cela. On les soupçonnait parfois aussi de sorcellerie, de magie, si l'on en croit les dires d'Apulée (la caupona).

Quelques tavernes réputées nous fournissent des exemples intéressants sur ce point.

- Ainsi la taberna de la DOMUS POPPAEORUM : REG . I - 10 - 13 - :

Cette taverne était en contact direct avec la domus Poppaeorum, tenue certainement par le procurator Eros qui prenait soin aussi de la maison.

Il est question d'une certaine IRIS, servante aimée par deux hommes (SEVERUS et letisserand SUCCESSUS), qui rivalisèrent de verve amoureuse sur le mur :

Severus dénonce :

SUCCESSUS TEXTOR AMAT COPONIAES ANCILLAM NOMINE HIRIDEM QUAE QUIDENILLUM NON CURAT ; SED ILLE ROGAT ILLA COMMISERETUR. SCRIBIT RIVALIS - VALE !

Successus le tisserand, est amoureux d’une esclave de Coponia, une serveuse du nom d’ Iris ; mais elle, n’en a rien à faire de lui, pourtant il lui demande d’avoir pitié de lui.

C’est un rival écrit ça – Au revoir !

Successus riposte :

INVIDIOSE QUIA RUMPERIS ! SE(CT)ARI NOLI FORMONSIOREM ET QUI EST HOMO PRAVESSIMUS ET BELLUS.

Ne t’en prends pas, parce que tu en crèves, à un plus beau que toi, et qui est un homme terrible et un type bien !

Severus réplique :

DIXI, SCRIPSI : AMAS HIRIDEM, QUA(E) TE NON CURAT ! SEVERUS SUCCESSO : UT SCR(ipsi) (ita re)S (se habet ?). SEVERUS - 8 258 - 8 259-

Je l’ai dit, je l’ai écrit : tu es amoureux d’Iris, et elle n’en a rien à faire de toi.

Ce dialogue est très vivace, très spontané, très rieur aussi : on imagine bien cette scène dans une comédie à l’italienne où les acteurs se renvoient la balle.

Au même endroit on lit le nom de deux serveuses :

CAPELLA BACCHIS et prima

Plus loin on s’adresse à la vinaria, serveuse de vin, en ces termes :

SUAVIS VINARIA SITIT ROGO VOS ET VALDE SITIT

Douce serveuse de vin, elle a soif , je vous la recommande, et elle a beaucoup soif !

On appelle "la soif" de la même manière :

SITTIA VOLO TE ; SIT SITTIA - 1 819 -

Sittia je te veux ; viens ici Sittia !

- Le cabaret des Asellinae : REG. IX - 11 - 12 :

On y cite des noms de femmes d’origine orientale qui ne trompent pas sur leur double fonction de servantes et de meretrices.

ASELLINA, ZMYRNA (ou ISMURNA)

AEGLE, MARIA

- L’estaminet d’Hermès : REG. II - 4 - 1 - :

On trouve une PALMYRA, appelée SITIFERA ... et une beauté dont on n’a déchiffré que la fin du nom : .....TRENA qualifiée de CULIBONIA (Callipyge ?)

Toutes ces indications sont confirmées par le poème d’Horace (epist. - 1 - 14. 15) qui qualifie une petite taverne de ... Fornix et uncta popina...

La meretrix tibicina dont parle le poète se trouvait certainement dans le débit de vin. (Poème de la Copa).

On a d’ailleurs retrouvé une inscription : Aesernia C. I. L. IX - 2 689 -, qui nous présente le dialogue entre l’hôtesse et le voyageur quittant l’auberge : en plus du vin, du pain, du logis, du fourrage pour l’âne, la note mentionne aussi : puella...

Il devait être assez courant à Pompéi aussi, que la tavernière propose ses services intimes, car on a retrouvé REG. - 2 - 3 -, cette inscription :

FUTUI COPONAM - 8 442 -

J'ai baisé la patronne !

- Dans un autre estaminet : REG. VIII - 2 - 24 -, sur le mur d’une pièce intérieure, on a trouvé aussi :

...S BELLISSIMU(m) FUTUERUNT - 4 884 -

Et au cabaret REG. VI - 14 - 28 -, sur une plaque en terre cuite, apposée au mur, un ithyphallique.

Dans ces tavernes les scènes murales érotiques étaient assez courantes

aussi.

Ces tavernes et ces auberges, en plus de leur rôle de buvette, de restaurant ou d’hôtel, favorisaient donc la prostitution, puisque nous avons vu que des pièces étaient aménagées dans ce but.

Mais il existait à Pompéi des Lupanars, ou maisons closes qui étaient spécialement réservées à cet usage.

Les inscriptions nous donnent des renseignements sur leurs tenanciers et les courtisanes qui les habitaient.

  • Le lupanar Veneris : REG. VII - 6 - 35 - :

On y retrouve, écrits, les noms des prostituées comme :

MYSTIS -RUFA -RESTITUA- QUINTILIA -VENERIA -CHLOE - 1 627 - 1 649 -

Cette autre inscription :

BENE FUTUIT - 1 635 -

Il a bien baisé

Et cette remarque d’un anonyme, pleine de philosophie, assiduité de l’amour ...

ALLIGET HIC AURAS, SI QUIS OBJURGAT AMANTES ET VETET ASSIDUAS CURRERE FONTIS AQUA - 1 649 -

C’est comme s’il voulait contenir les airs, celui qui blâme les amants, et interdirait à l’eau de la fontaine de couler sans arrêt !

À ce lupanar est accolée une taverne : REG. VII - 6 - 34 -, la Taberna Lusoria Aleariorum, qui ne trompe pas sur ses activités si l’on regarde son enseigne (emblèmes phalliques).

- Lupanar de la REG. VII - 15 -:

Ici encore les noms des meretrices : les prostituées.

AP(H)RODITE SECUNDA NYMP(h)E

SPENDUSA VENERIA RESTITUTA TIMELE

- 1 374 - 1 392 - 1 402 - 1 407 -

Il est également question d’un certain AUGUSTIANI , qui devait avoir un rôle important dans cet établissement, puisque son nom est cité plusieurs fois : - 1 379 - 1 380 - 1 382 - 1 384 - 1 385 -

- Lupanar de la REG. VII - 15 - :

C’était sans doute le lupanar le plus renommé de Pompéi. On y a retrouvé les Cellae meretrices, chambres aménagées pour les prostituées, avec des latrines.

Il est question d’un certain VICTOR et d’au autre, AFRICANUS.

À propos de ce Victor, cinq graffitis érotiques, - 2 208 - 2 218 - 2 258 - 2 260 - 2 294 -

S’agissait-il des tenanciers ? Vraisemblablement, car on peut lire dans ce lieu une inscription électorale :

AFRICANUS RO(gat) CUM VICTORE - 818 -

Ce lieu devait être l’endroit privilégié de la prostitution, car on peut lire sur ses murs plus de 120 inscriptions obscènes, et dans les cellae meretricae un phallus érigé a été gravé.

- Lupanar, REG. - 5 - 19 - :

On y a retrouvé plus de cinquante inscriptions, dont les noms de prostituées :

SUCCESSA -NESRIS- PHOEBE- GLYCERA -MORDAX -OPTATA -SPES

Et cette sentence philosophique épicurienne qui invite à jouir de la vie tant qu'il est temps :

DISCITE DUM VIVO, MORS INIMICA VENIS - 5 112 -

Instruisez-vous tant que je suis en vie, mort ennemie, tu approches !

Il est question ici d'un certain Somene - 5 122 - cité également plus loin.

SOMENE DUPUN(n)DIUM A(sinus) L. LOC(at).

Il s'agirait du foenerator Somene, l'usurier. L'inscription viendrait-elle du tenancier ?

- Lupanar Amandi : REG . IX - 6 - 8 - :

Amandus était certainement le tenancier de cet établissement : on a trouvé une inscription électorale à cet endroit :

AMANDUS ROG(at) CUM RELIQUIS - 3 707 -

Ces lieux étaient animés par des courtisanes ; certaines ne sont connues que par leur nom mentionné sur un mur, à côté d'autres noms.

mais quelques unes d'entre elles semblaient réputées, puisque leur nom fut cité plusieurs fois dans des endroits différents.

La plus renommée fut sans doute PRIMIGENIA. Elle était nommée : Novellia, Nocerina, Primigenia.

Son nom signifiait qu’elle était la « première née » d’une famille, et issue de Nocera.

NUCERIAE QUAERES AD PORTAM ROMANAM

IN VICO VENERIO NOVELLIAM PRIMIGENIAM - 8 356 -

Tu demanderas, du côté de la porte Romaine

Dans le quartier de Vénus, la toute jeune Primigenia de Nocera.

Ce qui équivaut à une adresse personnelle. Cette inscription a été trouvée à la maison de Ménandre (casa dei Quinti Poppaei Sabini) X - 1 -

On y lit ces graffitis localisés :

SABINUS CUM PRIMIGENIA HAC - 8 260 -

Sabinus (était) avec Primigenia par ici.

SABINUS - 8 264 -, le nom seul de l’amant supposé de Primigenia.

Et en grec : Primigenia Primigenia (vale) - 8 274 -

(Primig)ENIAM QUAM FELI(citer mirati sumus) - 8 301 -

D’autres inscriptions concernant Primigenia et ses admirateurs,furent retrouvées dans la maison de Cornélius Tages :

PRIMIGENIA VA(le) SALUTEM - 8 175 -

Primigenia je te salue bien !

PRIMIGENIA MAGULNIO CHRYSANTO (salutem) - 8 176 -

Magulnius Chrysantus te salue, Primigenia !

(Primigenia)AE DULCISSIMAE AMATISSIMAEQUE...SALUTEM . AVE . - 8 177 -

Salut à toi, très douce et très aimée Primigenia. Bonjour !

On suppose que Sestius et Magulnie furent les auteurs de ces deux inscriptions. - 8 175 - 8 177 - .

Un peu plus loin, on a retrouvé REG. I - 3 - :

CORNELIUS CARITO PRIMIGENIAE SALATE(m) PLURIMA(m) - 3 976 -

Vice di Tesme : ( en français)

SECUNDUS CUM PRIMIGENIA (hic) CONVENIUNT - 5 352 -

Nous savons que L. Ceius Secundus fut un noble Pompéien bien connu comme candidat : son nom a été mentionné dans d'autres inscriptions.

Primigenia était donc une courtisane célèbre et très aimée si l'on en croit ses admirateurs qui associèrent leur nom au sien.

Sur la tombe n° 23 on peut lire :

PRIMIGENIA NUCER(inac) SA(lutem).

et

VELLEM ESSEM GEMMA HORA NONA, MELIUS UNA,

UT TIBI SIGNANTI OSCULA MISSA DAREM.

Je voudrais être une pierre précieuse à la neuvième heure , plus encore unique,

Pour imprimer sur toi la marque des baisers que je t’envoie.

À cette inscription correspond une variante :

GEMMA VELIM FIERI HORA NONA - 1 698 -

Je voudrais devenir pierre précieuse à la neuvième heure !

Sur la tombe n° 29 : une inscripion quasiment effacée laisse entrevoir que cette fois Primigenia est niée ...

I.............................................................

NEGO PRIMIGEN(iam).......................

La renommée de la belle Primigenia semble avoir gagné Herculanum et Pouzzoles, puisque l'on a retrouvé des graffitis la concernant, dans ces petites villes :

HERMEROS PRIMIGENIAE DOMINAE (salutem)

VENI PUTEOLOS, IN VICE TIMINIANO, ET QUAERE A

NESSIO MUMMULARIO HERMEROTEM PHOEBI (libertum)

Il s'agit ici de l'invitation d'Hermeros à la belle Primigenia à Pouzzoles.

VENI ET QUAERE !

On peut citer une autre courtisane qui était connue elle aussi des Pompéiens : Euplia, à propos de laquelle il fut écrit :

EUPL(i)A LAXA LANDICOSA

Euplia à la large chatte !

Et

EUPLIA HIC CUM HOMINIBUS BELLIS - 2 310 -

Euplia (était) ici avec des hommes beaux !

Tavernes, auberges et lupanars affichaient à l'extérieur les promesses du vin, de la bonne nourriture, des jeux et du sexe, par une publicité destinée à attirer le client.

Les enseignes de formes très variées, servaient en général à fournir des renseignements sur le lieu, taverne ou auberge.

On les classe en deux catégories :

- Celles qui affichent des noms d'animaux :

Ces enseignes devaient être semblables aux enseignes des tavernes que l'on trouve dans les pays anglo-saxons, représentant des chevaux, des cygnes, des taureaux, des lions...

À Pompéi nous connaissons la fameuse taverne de l'Éléphant REG . - 1 - 44/45 -, dont l'enseigne représente un éléphant peint en rouge et sur laquelle on peut lire :

SITTIUS RESTITUIT ELEP(h)ANTU(m) - 806 -

Sittius s’est refait une santé à l’Elephant !

On profite de cette enseigne pour donner des précisions, sur le lieu à louer et en particulier la salle à manger :

HOSPITIUM HIC LOCATUR TRICLINIUM CUM

TRIBUS LECTIS (et commodis) - 807 -

Ici on loue une salle à manger avec trois lits (et toutes les commodités.)

- Celles qui désignent des êtres humains :

En général elles indiquent le nom de la taverne, celui du propriétaire, ou les deux. L’une d’elles indique :

HOSPITIUM C HUGINI FIRMI - 3 779 -

Parfois le tenancier s’adresse à son client potentiel qui est appelé Hospes.

Une autre enseigne indique le cabaret de la grecque (H)edoné, en une assez longue phrase :

Valeat qui legerit. (H)edoné dicit :

ASSIBUS (singulis) HIC BIBITUR.

DUPUNDIUM SI DEDERIS, MELIORA BIBES.

QUA(rtum) (assem) SI DEDERIS, VINA FALERNA BIBES - 1679 –

Hédoné dit : ici on boit pour un as.

Si tu donnes deux as, tu boiras un meilleur vin.

Si tu en donnes quatre, tu boiras du vin de Falerne.

On a trouvé à Pompéi une enseigne, à la Taberna Lusoria Aleariorum, (accolée au Lupanar Veneris), représentant deux phallus en érection face à face, avec entre eux un petit vase en forme de cratère muni de petits pieds et d’une anse. Ces emblèmes phalliques étaient assez nombreux à Pompéi :

On leur attribuait une valeur de talismans porte-bonheur (virilité, fécondité) REG. VII - 6 –

Vade retro, cacator !

Vade retro, cacator !

Mémoire de maîtrise -2- sur les graffitis : graffitis érotiques, tavernes, lupanars, auberges...

Cette inscription retrouvée rue du Lupanar sur un mur est accompagnée de deux serpents qui signifient qu’il est défendu au cacator de déposer ses besoins à cet endroit.

CACATOR SIC VALEAS, UT TU HOC LOCUM TRASIAS

CACATOR CAVE MALUM

AUT SI CONTEMPSERIS HABEAS JOVEM IRATUM – 7 714 / 15 / 16 –

(Toi qui veux faire caca, puisses-tu avoir la force de (faire) un peu plus loin !

Gare aux ennuis pour qui fera caca ici !

Que Jupiter tourne sa colère sur qui n’aura pas tenu compte de l’avertissement !)

 

 

 

 

Mémoire de maîtrise -2- sur les graffitis : graffitis érotiques, tavernes, lupanars, auberges...

Une autre inscription anonyme exprime dans un langage très expressif son mépris au cacator qui ne respecte pas les lieux publics : il s’agit d’une épitaphe sur un tombeau, où l’on entendrait la voix du mort.

 

HOSPES AD HU(n)C TUMULI NI MEIAS OSSA PREC(antur)

NAM, SI VIS HUIC GRATIOR ESSE, CACA.

…NON EST HIC TUTUM CULU(m) APERIRE TIBI – 8 899 –

Passant, les ossements te prient de ne pas pisser sur ce tumulus

Car si tu veux lui être vraiment agréable, fais caca !

…Tu cours des risques à te mettre le cul à l’air ici !

 

 

 

 

 

 

Mémoire de maîtrise -2- sur les graffitis : graffitis érotiques, tavernes, lupanars, auberges...

Ce petit peuple de Pompéi qui aimait se réunir dans les tavernes, dans les petits cabarets dispensateurs de plaisirs avait, nous l’avons vu, la passion du jeu. Quand le calendrier des spectacles était propice, il n’hésitait pas alors à quitter la fraîcheur de ces lieux pour s’amasser sur les gradins de théâtres et amphithéâtres, magnétisé par les spectacles de gladiateurs, par l’attrait des paris, il se délectait alors des scènes violentes et baroques. Il est intéressant de mettre à jour son engouement pour la fête sous toutes ses formes pour ses manifestations publiques, à la lumière des nombreux graffitis retrouvés à ce sujet dans les tavernes et les rues.

 

La publicité pour ces établissements se faisait aussi par des peintures sur les murs extérieurs, longeant la rue.

On a trouvé des scènes expressives représentant nourriture et tonneaux de vins à foison, sur les murs du cabaret Asellinae - REG. IX, d’autres, des grappes de raisin en l’honneur de Bacchus très vénéré à Pompéi, lui aussi.

Sur la façade d’une taverne de la REG. VI - 16 - 35 -, les passants pouvaient se délecter des peintures qui représentaient des scènes érotiques voire obscènes.

Le petit peuple de Pompéi, bon vivant et exubérant venait se délecter dans ces locaux attrayants qui promettaient des plaisirs variés. Il a laissé des traces de son passage ça et là, à l’occasion de ses visites diurnes, le plus souvent nocturnes, avec profusion. Mais de quelle nature était exactement cette clientèle des auberges et des tavernes plus ou moins louches et quels étaient ses goûts ?

C- Ce qu’elles nous révèlent du caractère et des goûts des clients de ces établissements :

En ce qui concerne les auberges, les clients étaient variés.

Des voyageurs de toute sorte y descendaient pour passer la nuit à l'occasion d'une étape. On y rencontre des voyageurs assez riches et même des personnalités, mais voyageurs de commerce, muletiers et marins les fréquentait aussi.

La différence se fait surtout dans les cabarets et les tavernes.

Selon le jugement unanime exprimé par les écrits de l'antiquité, ceux qui fréquentaient ces lieux étaient des gens de peu de valeur. On y trouvait les hétaïres, les joueurs (on peut se référer à Martial, à Properce).

Les SERIBIBI " ceux qui boivent tard ", dont une affiche électorale les concernant a été retrouvée au cabaret d'Hédoné REG. VII - 2 - 44 -

SERIBIBI UNIVERSI ROGANT - 581 -

Les Paridiani : insc. 7 919 REG. IX - 12 - 7 -, admirateurs du fameux acteur Paris.

En ce qui concerne la réputation de ces lieux souvent troublés par des rixes et animés à l’heure de la prostitution, nous avons trouvé bon ombre d’inscriptions obscènes :

Celles des moechi, débauchés qui inscrivaient leurs noms aux côtés de ceux des courtisanes :

AUFIDEMUS LUCRETIUS ROMULUS TROPHIMUS

CERTALIS PACATUS MARS SCAMANDER...

(Lupanar Veneris)

Ou encore : VERECUNDUS PIER ANICETUS PAMPHILLUS GANUS CANDIDUS - 2 310 -, et qui signait un acte obscène,

VERECUNDUS...MENT(u)LA(m) LING(it) - 3 103 -,

Dans une maison de passe.

On pouvait lire encore :

AVE IANUARIA : FE(l)AS IA(m) NOX - 8 361 -

Un autre se plaignait sans doute du lupanar Amandi REG. IX - 6, où

MESSIUS HIC NIHIL FUTUIT - 5 187 –

Ici Messius n’a rein baisé.

Ou encore :

IUCUNDUS CU(n)NUM LINGIT RUSTICAE - 4 264 -

Jucundus suce la chatte de Rustica !

Une injure à LUCIO ALBUCIO FELATOR(i) - 4 156 -,

A Lucius Albucius, le suceur !

formulée autrement plus loin : λογἀς λειχείς ( selectus fellator) - 8 467 -.

Injure également, cette inscription qui compare Popilus à un chien :

POPILUS (ut) CANIS LINGIS RENO MUNGIS IN MURO - 8 898 -

(On note Mungis pour Mingis).

De nombreux Pompéiens vantent leurs exploits érotiques, soucieux de graver leur nom dans le mur, pour la postérité.

HIC EGO CUM VENI FUTUI

DEINDE REDEI DOMI - 2 246 –

Moi je suis venu ici, j’ai baisé et puis je suis rentré chez moi.

HIC EGO PUELLAS MULTAS FUTUI - 2 175 –

Ici j’ai baisé beaucoup de filles.

On vante tout au moins la quantité…

Une femme écrit :

FUTUTA SUM HIC - 2 217 –

Ici j’ai été baisée.

Et un homme sans doute :

MURTIS BENE FELAS - 2 273 –

Murtis tu es une bonne suceuse !.

Ces inscriptions localisées REG. II - 15 - indiquent :

M. POLLI(u)S PUDENS FUTUIT CRATIS, SI AMABIT GEM(ellam) -10 194 - ( Suppl. C. I. L. IV )

Et L. VI(rn) 10 - 10 197 -

Et encore :

SI QUI(s) MI(h)I DICAT, SURGE FUTUTUM !

SI CAUSA ESTE (ut) SURGAS, MI(mu)S

USCE BIBA(s)

PUELLA MEA, EMISTI TIBE (phallum) - 10 195 -

ELI(n)GE (p)UEL(l)A IR(r)UMAN(ti) (m)ANU

(po)LL(u)ENTI NUL(l)I NEGANT (hoc puellae) - 10 197 -

Le dernier graffiti est assez peu intelligible.

Un soldat de la légion écrit :

FLORONIUS

BENEF(icarius) AC MILES

LEG(ionis) VII HIC

FUIT NEQUE

MULIERES

SCIERUNT NISI

PAUCAE ET SESERUNT - 8 767 -

On trouve également des allusions aux « mignons » : nous nous souvenons à ce propos, du Satiricon de Pétrone : ce phénomène était courant dans l’antiquité grecque et romaine où l’homosexualité était dans les mœurs.

QUINTIO HIC

FUTUIT CEVENTES

ET VIDIT QUI DOLVIT - 4 977 -

ET NICOPOLIS FUTUI TE EGO

ET PROCULUS ET FRUCTUS

HOLCONI SERVUS - 8 171 -

Les clients d’une auberge se vantent d’avoir eu des relations avec la tavernière …

(h)édoné PILADI FELLAT - 10 - 223 - ( suppl. C J L IV)

Ou encore :

FUTUI COPONAM - 8 442 –

J’ai baisé la patronne.

Dans un visage gravé, cette formule est inscrite :

PROMUS FEL(l)ATOR - 10 222 -

Masculus, sans doute tenancier d’un cabaret louche écrit en vue d’une inscription électorale :

MASCULUS ROG (at) (masc)U(l)US CUPIT - 7 238 ­- 7 239 -

Et

MASCULUS CUM CODATIS UBIQUE (rogat) - 7 240 -

On a retrouvé également des inscriptions comportant l’emblème phallique :

IUL

IULIUM

IULI (phallum) LINGIS

Inscription associée au dessin d’un phallus.

Et aussi :

PRIMILLA VA(le),

Avec le dessin d’un phallus - 8 360 -

Des jeux de mots obscènes sont faits quelquefois sur les patronymes ambigus.

C’est le cas de JULIUS CINAEDUS - 4 201 -

et de HELENE CINAVETUS - 4 206 -

En effet, Cinaedus signifie « mignon », « efféminé » en latin.

Mégalomane, un Pompéien anonyme a écrit sur une largeur de 2, 85 m :

(ded)UXISTI OCTIES. TIBI SUPERAT UT (h)ABEAS SEDECIES ! COPONIUM FECISTI. CRETARIA FECISTI, SALSAMENTARIA FECISTI, PISTORIUM FECISTI, AGRICOLA FUISTI, AERE MINUTARIA FECISTI. PROCOLA FUISTI. LAGUNCULARIA NUNC FACIS. SI CUNNUM LINXSERIS CONSUMMARIS OMNIA !

Il s’agit d’une altercation à un inconnu…

(Matteo Della Corte 851 d-m case e abitanti di Pompeii)

Les inscriptions populaires nous révèlent la vitalité et la fougue des Pompéiens. L’amour vénal éclate sur les murs comme un culte où le phallus est vénéré.

Les Pompéiens, nous l’avons vu, n’hésitent pas à se citer ou à citer leur maîtresse, un ami ou un rival, ce qui explique la profusion des noms sur les murs, souvent écrits en grosses lettres, longues et étirées, avec des jambages effrontés, car les Pompéiens ont le goût de l’ostentation. Dans le mouvement et l’accéléré de leur écriture, on lit cette énergie, cet enthousiasme méditerranéen associé à une vie relativement heureuse où les plaisirs abondent, sans frein.

D’ailleurs les tavernes et les auberges, outre les plaisirs du sexe, promettent aussi à leurs clients ceux du vin et des jeux de dés.

Le vin : Pompéi, rappelons-le, est la ville de Vénus, mais aussi celle de Bacchus. L’auberge décrite par la Copa( La fille d’auberge) d’Horace, sert du vin jeune et un peu fade de la région :

« Est et vappa, cado nuper defusa picato. »

Et voici la piquette, tout juste tirée de la jarre avec un goût de poix

Si l’on se rappelle l’inscription du cabaret d’Hédoné, REG. VII - 2 - 44/45-, Hédoné mentionne que l’on peut boire chez elle du Falerne ( insc. 1 679 )

…VINA FALERNA BIBES.

Tu boiras du vin de Falerne

C’était un vin réputé de bonne qualité.

Dans le cabaret de la REG. VI - 10 - 1- on lit :

ADDE CALICEM SETINUM - 1 292 -

Une autre coupe de Setinum.

Ce vin de Setinum était certainement un vin importé.

Des inscriptions en grec trouvées sur des amphores, assurent la provenance de certains vins.

Dans le cabaret de la REG. I -11 - le cabaretier STABULO a trouvé pour son vin une réclame originale ; il dit à son hôte imaginaire Oinocléon ( nom même de l’amateur de vin) :

(tu) BIBIS ET MAMILLAM QUAM TIBI (…) UBIQUE VENUS - 7 384 –

Mais tout le monde n’appréciait pas le vin de pays de Pompéi : quelqu’un s’adresse à un voyageur éventuel en ces termes, dans une inscription griffonnée à la hâte :

VIATOR, POMPEIS PANEM GUSTAS, NUCERIAS BIBES ! NUC(eriae) - 8 903 –

« Voyageur, tu manges du pain à Pompéi, c’est à Nocera que tu boiras ! »…

REG. VI - 10 - 1 - dans un cabaret on peut lire la commande d’un client

associée à une gravure :

DA FRIDAM PUSILLUM – 1 291 –

« Un peu d’eau froide ! » L’homme tend son verre.

À Pompéi il était assez rare de consommer le vin pur dans les tavernes, on le coupait d’eau froide ou chaude.

Quelquefois un tavernier malhonnête vendait du vin coupé de beaucoup d’eau pour du vin pur.

TALIA TE FALLANT UTINAM MENDACIA COPO

TE VENDES AQUAM ET BIBES IPSE MERUM - 3 948 -

Les Pompéiens faisaient de véritables éloges à la soif :

« Primogeni sitienti salutem ! »

Ou encore : « Sodali Proculo, quo bibet…ossa cinisque tegunt », pensée pour quelqu’un qui mourut lors de la première éruption du Vésuve, semble-t-il. On a d’ailleurs retrouvé beaucoup de gens ensevelis lors de la catastrophe de 79, alors qu’ils buvaient du vin dans les tavernes.

Les SERIBIBI ont été immortalisés : on imagine une joyeuse bande de fêtards et d’ivrognes noctambules et agités : « Potares BIBULI media nocte Falerni ».

Les jeux de dés :

Quelques cabarets ont servi de locaux pour les joueurs de dés. Dans le cabaret de la REG. VI – 16 – 28 – appelé par Della Corte « Taberna lusoria aleariorum » (la taverne des jeux de dés), on a trouvé des figures en relief et des inscriptions qui indiquent sans doute le montant des dettes des joueurs.

Pour preuve, on a constaté le même état de choses dans le cabaret de la REG. VII – 15 – 4/6 - .

Dans le cabaret de Salvius : REG. VII – 14 – 35/36 – on trouve des scènes très vivantes de la vie des cabarets, peintes sur les murs, avec des dialogues. Deux scènes très animées, montrent deux clients jouant aux dés, qui se disputent sur la valeur d’un coup, s’injurient et en viennent aux mains pour être finalement expulsés par l’aubergiste qui ne tolère pas les rixes.

_ EXSI (Dehors !)

NON TRIA DUAS EST (Ce n’est pas un trois, c’est deux as !)

NOXSI , A ME TRIA ECO FUI ! (Tricheur, j’ai fait un trois, c’est moi qui ai gagné !)

_ OR(o) TE FEL(l)ATOR, ECO FUI ! (Pardon? Enfoiré !c’est moi qui ai gagné !)

L’aubergiste en les poussant dehors dit en mauvais latin :

ITIS. FORAS RIXSATIS. (Allez-vous battre dehors !)

REG. VI – 10 – 1 - : un cabaret nous offre une peinture représentant aussi des joueurs de dés dans un cabaret, les scènes de jeu sont très intéressantes car animées : en précurseurs de nos BD actuelles, y sont dessinés des personnages qui s’expriment par la parole, avec des sortes de « bulles » gravées au-dessus de leurs têtes.

Ces tavernes attiraient donc par leurs enseignes et leurs peintures suggestives le petit peuple tapageur et lascif de Pompéi qui s’adonnait à toute heure du jour et de la nuit aux plaisirs du jeu, du vin, du sexe.

Les cabarets, assemblées secrètes :

Mais ces cabarets bruyants et mal famés ouvraient parfois leurs portes à des assemblées plus secrètes et faisaient fonction à l’occasion de clubs. L’histoire nous révèle que l’on prit à cette époque des mesures répressives contre certaines tavernes : les empereurs firent fermer les estaminets où le peuple avait coutume de se réunir et de boire pour des raisons essentiellement politiques, car c’est là que se tramaient des conspirations, que s’échangeaient des idées, s’exprimait le mécontentement. Les autorités craignaient donc ces centres d’agitation et les surveillaient de près. De toute évidence, ces quartiers où se trouvaient concentrées les tavernes et les auberges étaient le lieu privilégié des manifestations populaires : les inscriptions envahissent les murs, le plus souvent dans une langue vulgaire et erronée et révèlent à tout venant l’intimité de ces endroits, le commerce et les intrigues les plus douteux.

Mises en garde des « anonymes » :

Ce petit peuple a son franc-parler et la voix forte : à ce propos nous pouvons citer ces inscriptions anonymes qui sont des mises en garde contre la pollution des ruelles, à l’abord des tavernes et des lupanars :

OTIOSIS LOCUS HIC NON EST : DISCEDE MORATOR ! – 813 –

(Ici ce n’est pas un endroit pour les oisifs :

 au cacator !

Partager cette page

Repost 0