Vendredi 6 novembre 2009
Pour commencer un lien vers un site très intéressant:
http://www.musagora.education.fr/agedor/agedorfr/peinture.htm

La maison de Livie à Rome : détail .
 "Illis munus erat decussa Cydonia ramo, et portare variam plumae versicoloris avem" Properce, Elégie, III, 13.
( à suivre)
Par athéna
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Lundi 12 octobre 2009
 Vous trouverez en face dans les pages " Au cours du cours de latin" les juxtalinéaires de cette séquence / latin, Terminale, nouveau programme 2009.
"En ligne" :
1- Ovide, Les Métamorphoses, l'Âge d'Or.I,89-112.               
2- Properce, Elégies III, 13.
3- Virgile, Géorgiques, I,125 sqq.

Et la liste de Bac 2010 pour les Terminales du Lycée Jean Dautet à La Rochelle: cette séquence intégrale.



Séquence 1

Le mythe de l’Âge d’Or

 

Entrée : « Rêves, regrets, espoirs »

Manuel Nathan : chapitre 8.

 

Groupement de Textes : traduction et commentaire.

 

Texte 1 : Ovide, Les Métamorphoses, I, 89-112. / page 136.

Texte 2 : Properce, Elégies, III, 13. / page 138.

Texte 3 : Virgile, Géorgiques, I, 125-146. / page 140.

 

Etudes d’ensemble :

 

1-     Lecture initiale des « Quatre âges de l’humanité », Livre I des Métamorphoses. (édition Bertrand Lacoste pour la traduction). Etude des motifs de l’Âge d’or et de leur évolution au cours des Âges.

2-     Travail sur la scansion de l’hexamètre dactylique et interprétation dans le texte d’Ovide.

3-    Réflexion sur la traduction : traduction d’Olivier Sers en alexandrins, in classique de poche, les Belles Lettres 2009.

4-    Pour le texte de Properce, lecture initiale de : Hésiode, Les travaux et les jours, traduit par Paul Mazon (1964) : les cinq « races ». réflexion sur la réécriture du mythe : l’Âge d’or de l’amour.

 

Lectures cursives et devoirs :

 

1-     Traduction d’un passage de Tibulle, Elégie I, vers 35-50.

2-     Commentaire du texte d’Ovide : l’Âge de fer, page 137 : le rôle des métaux.

3-     Lecture du texte de Virgile, Bucoliques, IV, 18-45.

 

Par athéna
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Mardi 29 septembre 2009


J'ai fait un beau voyage cet été en terre romaine, à Ravenne, et j'ai rapporté un trésor de mosaïques pré-chrétiennes, à découvrir en face dans l'album. "La maison des tapis de pierre" est à couper le souffle, elle m'a rappelé en moins polychrome, celle de la Villa Casale à Piazza Armerina ( Sicile).
Par athéna
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Mardi 22 septembre 2009

Au programme du baccalauréat 2009 et 2010:



Et une levée de boucliers !

Vade retro, Ovidius !
 


Par le saint  sacrement, que le tocsin sonne la volée ! Les intégristes lefebvristes en soutane de la Fraternité Saint-Pie-X ont débusqué le mal dans le programme de latin des classes terminales pour les épreuves du bac 2010 et 2011 : il s’agit de « L’art d’aimer » d’Ovide, écrit il y a plus de mille ans …

Un « programme de latin et de luxure », s’emporte l’abbé de Cocqueray, supérieur de l’ordre pour la France, qui appelle à envoyer des pétitions Rue de Grenelle : «  L’auteur promeut la multiplication des partenaires et réduit la femme à l‘état de proie. »

Que de concupiscence monsieur l’abbé !

  Son compère l’abbé Duverger se déchaîne dans le dernier bulletin de l’Association de défense de l’école catholique, en stigmatisant cette « corruption organisée ». Avec un argument massue : «  cet opuscule fit scandale à sa sortie dans la bonne société romaine ».

  Or rien n’a bien sûr changé sous le soleil depuis deux millénaires ! Puis cet autre argument gourdin : « ce texte sans grande valeur littéraire (ce n’est pas l’avis des spécialistes) est tout à fait licencieux. » Et de dénoncer : «  ceux qui ont choisi ce texte veulent entretenir et développer l’immoralité dans la jeunesse, perverti les adolescents etc.… »

  Un reproche vieux de deux mille cinq cents ans cette fois : c’est sous l’accusation d’avoir « corrompu la jeunesse » d’Athènes que Socrate fut condamné à boire la cigüe…or derrière «  ceux qui ont choisi ce texte », c’est Xavier Darcos qui se retrouve visé : l’ex-ministre de l’Éducation nationale a sans doute inspiré le choix du programme ! Darcos a consacré à l’auteur latin son doctorat d’Etat soutenu en 1995, dont il vient de tirer un savant bouquin , « Ovide et la mort » (PUF, 2009).

Il pourrait peut-être donner quelques cours de rattrapage à ces ânes lefebvristes…

D.F. Article du Canard Enchaîné / 16 Septembre 2009.


 

Par athéna
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Vendredi 18 septembre 2009


Une mine d'or sur...L'ÂGE D'OR DANS LA LITTERATURE LATINE

   On peut se demander si l'idée d'un âge d'or de l'abondance et de la facilité n'est pas étranger aux Latins : leur attachement aux valeurs fondamentales de la pietas, de la vie simple et de la loi intériorisée - les Latins ont vécu près de dix siècles avec un corpus juridique réduit à la loi des XII tables - fait que le mythe de l'âge d'or ne coïncide pas tout à fait avec la représentation qu'ils se font du passé primitif de l'Italie.
   Il faut attendre les guerres civiles pour voir apparaître le mythe en tant que tel.

La période archaïque :

Rome n'étant poussée à naviguer que par les contraintes de l'histoire au début des guerres puniques, les premiers écrivains latins ne semblent emprunter au mythe grec que la trangression consistant à fendre la mer d'un éperon de navire, par exemple dans la
Médée d'Ennius La fin de la République

Au dernier siècle de la République, au seuil des guerres civiles, Lucrèce présente l'origine de l'humanité non comme une période de plénitude et d'abondance, encore moins sous l'aspect d'une proximité avec les dieux, mais comme un état de simplicité primitive en lutte avec les éléments.

Catulle
ne reprend pas le modèle hésiodique de l'âge d'or, mais combine des fragments de mythe homérique (le mariage de Thétis et de Pélée), le motif de la nef Argo, et la métamorphose du présent par l'amour telle qu'on la trouvait chez Théocrite. Il y a chez lui la proximité hommes / dieux, l'idée de décadence et la necessité d'un retour à la pietas pour retrouver l'état originel.

La période augustéenne :

Chez les poètes élégiaques de la période augustéenne, chez
Tibulle par exemple, le thème du fer opposé à l'or est lié à la séparation d'avec l'aimé, séparation due à la guerre extérieure ou aux querelles amoureuses : il invoque la paix de l'âge d'or comme la possibilité de retrouver Délie après le renoncement aux folies de la conquête maritime ; dans cet âge d'or, se mêlent une nostalgie de la sagesse rustique et le rêve d'une tendresse retrouvée qui mettrait un terme à la violence entre amants.

Ce n'est cependant pas un thème obligé de l'élégie amoureuse : Properce évite, semble-t-il, tout ce qui est extérieur à l'amour et le relierait à un temps physique du monde : l'
élégie V du livre III, "Pacis Amor deus est", dans laquelle il rejette toute question cosmologique pour le temps de la vieillesse est peut-être une piste : l'Amour est un monde suffisant qui produit ses propres lois, et ses propres références temporelles de bonheur et de douleur. La seule allusion théocritéenne à l'âge d'or produit par l'amour se trouve dans l'élégie II, VX : Qualem si cuncti cuperent decurrere uitam / et pressi multo membra iacere mero, / non ferrum crudele neque esset bellica nauis. "Si les hommes n'avaient d'autre désir que de couler ainsi leur vie, et rester étendus, alanguis par la force du vin, il n'y aurait ni fer meutrier, ni bateau de guerre." (trad. P. Charvet). Mais ce n'est peut-être là qu'une opposition entre Dionysos et la race des Spartoi - dont est issu Penthée - telle qu'on la trouve dans les Bacchantes.

Horace
insiste pour sa part plus nettement sur le caractère impie de la conquête des mers qu'il présente comme un refus d'accepter la volonté des dieux. Seule la pietas peut garantir un séjour dans les "îles fortunées", décrites dans les termes de l'âge d'or, mais c'est une terre promise hors du temps et de l'espace, non l'étape d'une histoire de l'humanité.

L''idée d'un temps cyclique est acquise dans la pensée romaine à travers le succès du stoïcisme et l'assimilation de l'astrologie alexandrine, puisqu'on connaît, même si on ne les a pas conservées toutes, trois traductions au moins des Phénomènes d'Aratos : celle de Cicéron précède celle d'Ovide et du
pseudo-Germanicus, dans ses Aratea (fl.+16-19), cette dernière étant la seule que l'on ait gardée.

C'est donc sous l'aspect du retour, déjà présent chez Catulle, que le mythe de l'âge d'or va se manifester à Rome, lié à la fin des guerres civiles et à l'espoir de paix que représente Auguste. Virgile fait ainsi coïncider l'âge d'or à la fois avec le passé agricole du Latium (règne de Saturne et du roi Évandre, le nom même de Saturne étant lié aux semailles et à une forme de sage satiété) et avec des lendemains qui sont censés chanter.

Ce n'est qu'avec
Ovide que réapparaît vraiment en entier le motif hésiodique : au livre I des Métamorphoses, il met en scène, de manière isolée et sans se faire l'annonciateur d'un quelconque retour, un récit des âges - et non des races - de l'humanité (aetates) qui sera une source d'inspiration privilégiée pour les poètes, les graveurs et les peintres jusqu'au XVIIIe siècle.

La postérité du mythe

sous le Haut-Empire

A l'âge néronien, l'hybris de la construction du navire Argo réapparaît dans la
Médée de Sénèque ; de même qu'est devenu un topos l'annonce que le nouveau souverain, en l'occurrence le fils d'Agrippine, fera de son règne un nouvel âge d'or : cela occupe une grande partie de la première Bucolique de Calpurnius Siculus.

Au siècle suivant, sous Marc-Aurèle, l'orateur Fronton fait un éloge paradoxal de l'âge d'or dans son Éloge de la négligence.
 

dans l'Antiquité tardive et la littérature néo-latine

Le topos de l'âge d'or est repris périodiquement par les poètes de l'antiquité tardive, comme Boèce, ou dans la poésie néo-latine de la Renaissance, comme Navagero, qui reprend le discours des Parques de Catulle. Nous sommes redevables au GELAHN et à l'excellent dossier de F. Grégoire sur l'âge d'or pour ces deux références qui ne donnent sans doute qu'une faible idée des textes que l'on peut encore découvrir sur ce thème.
           

Cliquez sur les liens soulignés pour de belles découvertes !
Document issu de Musagora.

Par athéna
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